1, 2, 3, composez !
Aujourd'hui, on va jouer ! Ou plutôt vous allez jouer et moi je vais juger ... Rassurez-vous, je ne vous parle pas de l'Eurovision qui aura lieu ce week-end ! (pour les très grands fans, sachez que les demi-finales se déroulent en ce moment-même).
Ici, pas question de chanson (quoique mes talents en la matière réjouissent l'As des As ! ;-)) mais je vais pourtant bien vous parler de composition.
Votre partition ? Une assiette : ronde, carrée, creuse, plate, unie, à petits pois, héritée de votre grand-mère ou achetée hier chez Ikea, prenez celle qui vous plait et qui vous inspire !
Les instruments dont vous disposez ? Tout votre garde-manger ! Petit reste oublié au frigo, dernière part de cake que personne n'ose prendre, tomate qui s'ennuie dans son panier ou nouvelle petite boite du supermarché à tester : la palette est immense et seule compte la variété !
Les critères de sélection ? La qualité esthétique, l'originalité et la diversité des composants, le côté appétissant et la facilité de composition de l'assiette (en gros, pas une recette à la Robuchon ou avec 15 heures de préparation !)
Les membres du jury ? Pas d'André Manoukian, d'Armande Altaï ou de Garou. Non, pas de professionnels de la musique mais des amateurs (ou plutôt amatrices !) de bonne chère : Anne-Laure, Fanny, Florence et Mlle Moutarde herself ! (n'essayez pas de faire une assiette spéciale Dijon pour tenter de m'amadouer, je resterai très objective !)
Votre récompense ? Aucun trophée lourd et encombrant (voire kitch !) qui prend la poussière mais de la jolie vaisselle et des mets fins qui raviront vos palais de fins gourmets !
Votre scène ? Le blog d'Ariane, qui marie si bien équilibre et gourmandise, et où vous trouverez toutes les explications détaillées !
Alors jusqu'au 21 juin, oubliez le vieil adage "on ne joue pas avec la nourriture" et soyez au contraire bien dans votre assiette !
Food Revolution - fou de révolution ?
14 juillet 1789, prise de la Bastille ; 19 mai 2012, prise de nos papilles ? (au passage, le 14 juillet, c'est la Saint Camille même si ce n'est jamais écrit dans le calendrier. N'oubliez donc pas ce jour-là de souhaiter leur fête à ces personnes très souvent charmantes, pétillantes et débordantes d'idées ! ;-))
Bon, revenons à nos moutons ! Aujourd'hui, Mesdames, Messieurs, est un jour révolutionnaire. Pas de panique, pas la peine de planquer tous vos bijoux ou de vous accrocher à vos meubles, la révolution du jour est une révolution gastronomique. En effet, Jamie Oliver a décidé de faire de la journée du 19 mai la journée mondiale de la Food Revolution.
Tout d'abord, pour ceux qui ne le connaitraient pas, qui est Jamie Oliver ?
Pour simplifier, on va dire que c'est un peu, en Angleterre, le précurseur de Cyril Lignac (même si ce dernier en a un peu marre d'être comparé à son homologue britannique !). Concrètement, c'est un des premiers à avoir adopté une attitude de chef-copain et à avoir sorti la cuisine des règles parfois pesantes de la gastronomie.
Son credo ? Aucun ingrédient n'est moins bon qu'un autre et on peut faire bon tout en restant simple (fini les recettes avec 10 heures de préparation et une liste d'ingrédients longue comme le bras !). Evidemment, cette approche a vite trouvé son public et comme, en plus, il est jeune et plutôt sympatique, le succès a vite été au rendez-vous !
Jamie Oliver a progressivement diversifié ses activités : livres, émissions télé, restaurants, produits dérivés, etc... et s'est surtout fixé comme priorité de mettre à profit sa notoriété pour lutter contre la malbouffe et surtout pour éduquer les plus petits à la cuisine.
Et concrètement, c'est quoi le Food Revolution Day ?
Comme vous l'avez compris, Jamie Oliver a décidé de se positionner comme le super-héros qui sauve la veuve et l'orphelin de la malbouffe. Après un livre en Angleterre sur le sujet et une émission télé aux Etats-Unis, il a donc décidé de passer la vitesse supérieure en déclarant le 19 mai journée de mobilisation mondiale contre la malbouffe avec un slogan explicite "Stand up for real food" ("Mobilisez-vous pour manger vrai").
Au menu ? Burger-frites-coca ? Non, je vous rassure ! :-) Au contraire, des manifestations dans plus de 45 pays de diverses natures (ateliers cuisine, visites de potager, ateliers avec des enfants, pique-niques géants, ...) pour réveiller les consciences, sensibiliser les gens et essayer de faire bouger les politiques. La liste de toutes les manifestations est disponible sur ce site mais pour vous donner quelques exemples vous pourrez, entre autres, à Paris faire un blind-test organoleptique ou participer à une "disco salade" (je vous assure que je n'ai pas inventé !) ou assister à un atelier de cuisine à Marseille, Lyon ou Lille.
Le Food Revolution Day, qu'en penser ?
Personnellement je pense que c'est plutôt une bonne initiative. Evidemment, j'entends déjà les mauvaises langues dire que ce n'est pas un Anglais qui va nous apprendre à cuisiner (en France peut-être que non mais aux USA ou en Inde pourquoi pas ?), que c'est uniquement pour son image ou que son dernier livre 30 minutes chrono propose des recettes encore plus caloriques qu'un fast-food ...
Alors certes, en France on n'a peut-être pas besoin de lui mais si on sort quelques secondes de notre ethnocentrisme habituel (attention, ça vole haut sur le blog pour un samedi ! :-)) on peut au moins lui reconnaitre le mérite d'initier un mouvement au niveau mondial et de mettre sa notoriété au profit d'une juste cause. Les effets ne seront sûrement pas immédiats mais "les petits ruisseaux font les grandes rivières" ...
Que ce Food Revolution Day soit couronné de succès ou non, il ne nous reste plus qu'à espérer que cette révolution de palais (au sens propre du terme !) ne détronera pas la France de son statut de "nation de la gastronomie" !
A défaut de faire le pont aujourd'hui on fait le point !
En effet, tout au long de ce blog, je vous parle de découvertes, de dégustations ou de nouvelles tendances. Alors que certains concepts marchent (voire cartonnent !), d'autres réussissent moins ... Voici donc un petit billet pour actualiser vos connaissances de fin gourmet !
1) Boco
Boco, je vous en ai déjà parlé ici et j'avais vraiment été emballée par le concept et les recettes. Le moins que l'on puisse dire, c'est que Boco se conserve bien car trois nouveautés sont à signaler depuis le dernier billet.
- Boco est désormais aussi ouvert le soir (jusqu'à 22 heures) pour permettre aux gourmets de soirée de se régaler
- Boco a fait des petits et propose donc un nouveau restaurant à Bercy village pour éviter de devoir traverser la ville en cas de fringales gastronomiques (depuis vendredi dernier, c'est tout frais !). Sûre que les nouveaux nommés à Bercy vont se régaler ... :-)
- Boco accueille un nouveau venu dans sa bande et non des moindres ! En effet, Philippe Conticini, icône de la gastronomie dont chacune des réalisations est un petit bijou de gourmandise, rejoint Christophe Michalak et Frédéric Bau pour nous proposer des boco sucrés à se damer !
2) Starbucks
Lors d'une de mes escapades en Allemagne, je vous avais montré les boissons Starbucks vendues en grande surface. A l'instar du Philadelphia Milka commercialisé d'abord en Allemagne avant d'arriver en France, les boissons Starbucks déjà commercialisées outre-Rhin débarquent en France. Qui sait si d'autres produits dénichés dans les rayons germaniques n'arriveront pas prochainement dans nos magasins ?
3) Alimentation générale
Le magazine Alimentation générale avait choisi un angle assez inédit pour traiter de l'alimentation dans son acceptation la plus large. Visiblement, le magazine n'a pas réussi à trouver son public et cesse donc de paraitre après cet unique numéro. Mais comme dirait Claude "ça s'en va et ça revient !". Saluons donc l'arrivée d'un nouveau venu dans la jungle des magazines culinaires : Intense (la formule "haut-de-gamme" de Cuisine Actuelle) qui bénéficiera sans nul doute d'une puissance de frappe plus grande que ce très indépendant Alimentation Générale ...
4) Toya
Dans ce billet, je vous avais parlé de Loïc Villemin, tout jeune restaurateur bourré de talent mais pour l'instant encore un peu perdu en pleine campagne ... Le moins que l'on puisse dire, c'est que son "élévateur de saveurs" (traduction de "Toya" ndlr) poursuit son ascension car il a obtenu cette année sa première étoile ! Je suis sûre que cette distinction ne fera que décupler sa motivation et sa soif de perfection et je persiste et signe à dire que nous en entendrons bientôt parler au niveau national ! En attendant, le restaurant est complet de plus en plus rapidement malgré sa localisation géographique pas vraiment favorable. Comme quoi, la faim justifie bien les moyens ! ;-)
5) Roellinger
Attention, ça va chauffer pour finir ce billet ! En effet, Roellinger véritable cuisinier-nez qui ravissait déjà nos papilles avec, entre autres, ses mélanges d'épices, ses poivres et ses vanilles élargit encore sa palette pour faire succomber nos palais. Au menu ? Pas moins de 8 piments savamment sélectionnés au fil de ses escapades à travers le monde. De la force 2 à la force 9 de l'échelle de Scolville (échelle classant les piments par force et allant jusqu'à 10), Mlle Moutarde ne peut que s'incliner devant tant de piquant !
Fine et gastronomique, la moutarde nous pique !
Attention, billet piquant ! En effet, aussi incroyable que cela puisse paraitre, je n'ai, depuis l'ouverture de ce blog, consacré encore aucun billet à ..... la moutarde !
Oubli que je vais m'empresser de réparer dès aujourd'hui ! Ainsi, après le billet de mercredi sur les macarons, vous avez le droit aujourd'hui à un article spécial moutarde. Et, comme j'ai la moutarde dans le sang, je vais essayer de vous convaincre qu'elle peut non seulement être rare, gastronomique ou pratique mais aussi fashion et artistique. (Rassurez-vous, je ne vais pas vous forcer à la manger pure à la petite cuillère comme il m'arrivait parfois de le faire en cas de dijonïte aiguë ! ;-))
Pour ne pas perdre les moins aguerris d'entre vous dès le début, je vous propose d'y aller crescendo !
Moutarde version douce : les établissements Moutarde Café
Bon, je le reconnais, on y va TRES progressivement... Le principe de ces cafés ? Différents plats de restauration plutôt typée américaine (bagels, burgers, salade césar &co) mais avec un petit détail qui fait toute la différence (et le nom !) : un mini-pot de moutarde Fallot (seule Moutarderie encore véritablement artisanale en Bourgogne) dont le parfum change au gré des jours (au cassis, à l'estragon, au miel, en grains, ...). Ici, chacun peut donc doser la moutarde à sa convenance : en petite pointe dans un burger au charolais (autant jouer la carte de la Bourgogne jusqu'au bout !) ou en couche épaisse sur une moitié de bagel !
Moutarde version mi-forte : les nouvelles moutardes Maille
Maille a réussi à faire de la moutarde un produit tendance et "rare" (ou tout du moins limité) en présentant chaque saison une collection éphémère de quelques parfums vendus exclusivement dans ses boutiques en nom propre (c'est à dire à Dijon, Paris ou en ligne mais pas dans un supermarché lambda !).
Ainsi chaque saison propose ses tendances et ses éditions limitées alors, si vous aimez un parfum, il va falloir faire des réserves ! (j'ai encore le souvenir d'une certaine édition vanille-noix finie un peu trop rapidement et jamais rééditée depuis ...).
Jusqu'alors, la marque axait surtout ses créations sur des accords plutôt originaux et suivant la saisonnalité (serpolet-poivron ou fromage de brebis-basilic l'été et chèvre-poire ou chataigne-truffe l'hiver). Petite nouveauté cet été, on joue non seulement sur les parfums mais aussi sur les packs en proposant les 3 petits pots (et non les 3 petits cochons !) dans des couleurs opaques très flashy mises en valeur par un coffret blanc immaculé. Avouez quand même que ce coffret ressemble plus à un objet pop et arty qu'à une "simple" moutarde ! (si on pousse le bouchon très loin, on peut même faire un parallèle entre ces pots colorés et l'oeuvre proposée par Buren au Grand Palais pour Monumenta !).
Moutarde version forte : les moutardes Fallot élaborées avec la Maison Loiseau
Qu'est ce qu'il se passe quand la dernière Maison à fabriquer de la moutarde de manière artisanale rencontre une Maison triplement étoilée au Michelin ? On arrive au summum de la finesse et du raffinement de ce qui se fait en matière de moutarde ! Les dernières créations élégantes et subtiles de cette collaboration ? Une "Moutarde à la Fleur de Noisette et à la Vanille Bourbon" (parfaite avec une viande blanche ou des Saint-Jacques), une "Moutarde aux Feuilles de Coriandre et à l'Orange confite" (idéale avec un magret de canard ou dans une sauce pour des langoustines ou des asperges) et une "Moutarde aux Cèpes et au Thé fumé" (plus automnale et donc complèmentaire d'un gibier ou d'une viande rouge). Avec de tels produits, on comprend vraiment comment la moutarde peut, savamment dosée, jouer parfaitement son rôle de condiment et apporter une touche finale qui sublime une composition !
Enfin, pour finir, ne croyez pas que vous allez échapper à un peu de dijonisme ! En effet, il n'est de moutarde que de Dijon ! 2 preuves à cela ?
1) La devise de Dijon "Moult me tarde" qui remonte à cette glorieuse époque (hélas révolue !) où les Ducs de Bourgogne étaient plus puissants que les rois de France témoigne que cette tradition moutardière fait vraiment partie du patrimoine de la ville
2) (attention là c'est du très lourd !) L'homme le plus puissant du monde réclame de la Moutarde de Dijon (et pas une autre !) pour son hot-dog où qu'il soit sur terre. Qui ? Barack Obama of course !
Donc, vous l'aurez compris, Yes Mou-tarde !


