Moutarde et Macaron

12 décembre 2014

Chinoiseries

Oui, je l'admets, en cette saison il serait de bon ton de vous parler de dinde farcie, de bûche roulée/glacée/macaronée/ratée - rayez la mention inutile - de foie gras et autres ripailles hippo-caloriques mais ... non.

Parce que voyez-vous, aussi incroyable que cela puisse paraître, il se passe autre chose que le marathon des fêtes de fin d'année en décembre (mon anniversaire par exemple ! :-D), la terre continue de tourner et le monde de manger !

Petite immersion asiatique donc au programme aujourd'hui (d'un autre côté, on peut voir ce billet comme très en avance sur le nouvel an chinois ! :-)) avec une confrontation de deux bouchées qui commencent à faire parler d'elles et que l'on va certainement retrouver de plus en plus dans les années qui viennent ...

Les protagonistes

A ma gauche, les baozi, petites brioches farcies (pour ceux qui n'ont pas pris l'option chinois à la maternelle "bao" veut dire "envelopper"), un des plats les plus populaires et traditionnels de la cuisine chinoise, dont chaque région a sa propre déclinaison.
A ma droite, les Xiao Long Bao ("bao", ça vous rappelle quelque chose ?), spécialité shanghaïenne de raviolis, souvent confondus avec les dim sum, qui sont eux de Canton (vous me direz que vu de France, la différence Shanghai/Canton n'est pas énorme non plus !).
Sous ces deux "enveloppes" se cache une différence fondamentale de farce : celle de la première est certes tendre et parfumée mais solide alors que celle de la deuxième renferme une poche de bouillon qu'il convient donc de manger en une seule bouchée - sous peine de voir partir tout le précieux jus (et votre dignité quand vous êtes en train de manger par la même occasion !). 
Les Xiao Long Bao sont traduits par "Soup Dumplings" en anglais : vous comprenez mieux le concept ?

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A gauche, un des Baozi (au porc et ciboule chinoise) que servait Adeline Grattard dans son restaurant Yam'Tcha à l'apéritif ; à gauche le Xiao Long Bao à la truffe noire de Din Tai Fung (éclaté exprès pour que vous puissiez voir un peu le jus qui est normalement à l'intérieur !)

Potentiel diversité

Les baozi ont, certes, plusieurs variantes (farcis au porc, au poulet, aux légumes, etc ...) mais les déclinaisons restent finalement assez classiques.
En effet, considérés comme un vrai basique du quotidien, ils sont tellement ancrés dans des déclinaisons traditionnelles qu'ils offrent finalement peu de renouveau.
Au contraire, les Xiao Long Bao, notamment grâce à la chaîne de restaurants Din Tai Fung (attention, chaîne n'est ici pas du tout péjoratif, un de leurs restaurants est même étoilé à Hong-Kong !) sont un peu devenus - allez, soyons fous, c'est les fêtes - les macarons chinois : déclinés partout et avec 1000 saveurs différentes (porc, poulet, crabe, crevettes, légumes voire truffe noire !)
De plus, les brioches étant quand même un peu plus "consistantes" que les Xiao long bao on ne peut varier autant les saveurs avec les premières qu'avec les secondes au sein d'un même repas (au risque d'étouffer !)
Baozi 0 - Xiao Long Bao 2

Potentiel prononçabilité

Alors là sans hésiter avantage au Baozi !
Parce qu'essayez (à voix haute pas dans votre tête) de dire rapidement "Tiens, je mangerais bien un assortiment de 3 Xiao Long Bao au porc laqué, 3 Xiao Long Bao au poulet et haricots et 3 Xiao Long Bao aux légumes sautés" puis "Tiens, je mangerais bien un Baozi aux 3 viandes et un Baozi végétarien".
Reconnaissez quand même que la deuxième phrase est beaucoup plus facile à dire que la première ? (alors imaginez après 2-3 bières chinoises ... ;-))
Baozi 1 - Xiao Long Bao 2

Potentiel foodista

Si les Xiao Long Bao sont en quelque sorte les macarons de la Chine (tellement à la mode pendant un temps qu'on frôle l'overdose), les Baozi constituent vraiment la tendance émergente en France : l'ouverture de l'échoppe spécialisée de la chef étoilée Adeline Grattard (dijonnaise je le rappelle !) début décembre agite déjà les papilles de tous les foodisti -tis parisiens avec ses déclinaisons classiques (crevettes et ciboule chinoise) ou originales (stilton cerise).
Etant donné le potentiel "street food" des Baozi, nul doute que le phénomène va s'étendre comme des petites brioches pains !
Baozi 2 - Xiao Long Bao 2

Potentiel faisabilité

Si l'on résume (mea culpa pour les spécialistes !), les Baozi c'est une pâte un peu épaisse dans laquelle on enferme une farce solide pour former une brioche de taille moyenne que l'on fait ensuite cuire à la vapeur.
Pour les Xiao Long Bao, on a une pâte très fine et souple dans laquelle on enferme une garniture mi-solide mi prise en gelée (et qui va devenir liquide en cuisant) pour en faire une petite bouchée que l'on fait ensuite cuire à la vapeur.
Je crois que vous n'avez pas besoin de dessin, c'est vite vu non ?
Baozi 3 - Xiao Long Bao 2

Potentiel commodité

Si l'on considère la facilité à manger, à votre avis qui l'emporte entre l'équivalent d'un petit pain brioché à manger à la main et une sorte de petite poche ultra-fragile pleine de jus prête à exploser à manger avec des baguettes ? (le premier qui dit que je ne suis pas objective dans ma présentation, je lui bouche les trous de nez avec des Xiao Long Bao !)
Là encore les Baozi l'emportent haut la main ...
Par contre, si l'on considère la facilité à les trouver, ce sont les Xiao Long Bao qui, pour le moment, gagnent : en effet, n'importe quel restaurant chinois en France propose ces bouchées. Ensuite, de là à vous garantir qu'elles sont bonnes ...
Baozi 4 - Xiao Long Bao 3

Potentiel ludique

Face à la chaîne YouTube parodique intitulée Dim Sum Academy (regardez notamment cet épisode avec la délicieuse Caroline Mignot !), les Baozi font bien pâle figure. Sur ce point, les Xiao Long Bao l'emportent haut la main !
Baozi 4 - Xiao Long Bao 4

Le mot de la faim

Pour finir ce billet aux influences chinoises, quoi de mieux qu'une citation de Confucius ?
"Appliquez-vous en tout chose à garder le juste milieu"
Avec cette égalité parfaite de 4 à 4, je pense que je peux dire en toute humilité que j'ai atteint la sagesse de ce bon vieux Confi ! (de canard !:-))

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17 novembre 2014

(Cham)pignon sur rue

Après plusieurs billets consacrés à des restaurants et avant des billets, disons plus exotiques (le suspense est à ce comble...), retour aux sources aujourd'hui avec l'analyse d'une tendance de la tête au pied (dans tous les sens du terme!) : les champignons.

Comme à l'automne ces derniers poussent comme ... des champignons, c'est le moment où jamais de vous proposer une petite classification culinaire. Alors promenons-nous non pas dans les bois mais dans les allées de la gastronomie avec l'essentiel pour bien récolter : une carte (pour se repérer), un panier (pour les stocker) et un tapis de feuilles (sous lesquelles ils sont bien cachés !).

A la carte : le champignon au restaurant

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Avant de commander tranquillement votre plat, je vous emmène à la découverte de la filière car mes loulous le vrai bon champignon se mérite !

Si vous souhaitez déguster un cappuccino de champignons de Paris, une poêlée de pleurotes ou un riz sauté aux shiitakés, je vous invite à une petite découverte d'une champignonière avant de lever votre cuillère !

En effet, ces champignons font partie des champignons cultivables et donc "maitrisables" par l'homme.
Bien évidemment, comme dans beaucoup de production, il y a culture et culture. L'adage "Chi va piano va sano" s'applique aussi aux fungi et la champignonnière Delalande, qui fournit les grandes tables étoilées, élève ses champignons aux petits oignons.
Ici, le maitre mot est le temps.
Le champignon de Paris, qui pousse grâce aux chocs thermiques, grandit tranquillement pendant 3 semaines à 20° avant de se cailler à 12°. Le résultat ? Un champignon très savoureux et surtout très dense. Si les champignons de Paris achetés au supermarché rendent à ce point de l'eau et n'ont, finalement, pas beaucoup de goût, c'est parce que les industriels, pour augmenter la vitesse de pousse et donc la rentabilité, font subir chaque jour au champignon de Paris plusieurs chocs thermiques qui ne lui laissent pas le temps de se fortifier et de développer ses arômes.
Autre champignon cultivé, autre mode de production : le shiitaké. L'asiatique shiitaké (qui pousse normalement sur l'arbre shii - d'où son nom!) pousse ici dans des blocs composés d'un mélange de chêne et de shii. Pour se développer, ce monsieur loin d'être douillet à besoin d'un double choc : thermique et ... sismique (on comprend qu'il se soit épanoui au Japon !). Pour que les shiitakés fleurissent en beaux bouquets, il faut donc plusieurs semaines avec un choc thermique par jour (comme pour les champignon de Paris) mais aussi un choc sismique provoqué en tapant fort et régulièrement sur les blocs. (Certains tapent sur des bambous, ici on tape sur des blocs et c'est numéro 1 ;-)).
Comme l'immense majorité de la production est destinée à la haute gastronomie, la champignonnière développe aussi des variétés plus rares (et en plus petite quantité!) pour ce marché de niche. Au détour des couloirs souterrains, on croise donc des pleurotes roses (une variété indienne avec plus de mâche que la pleurote occidentale) dont la production à une température plus élevée que la moyenne - la demoiselle est coquette - ne peut avoir lieu toute l'année ou un champignon à pied bleu (qui comme l'endive prend sa couleur avec une exposition à la lumière) au goût proche du champignon des bois.

Si vous préférez savourer des oeufs brouillés à la truffe, un poulet aux morilles ou cet excellent cèpe en croûte feuilletée, là, votre champignon est forcément le fruit d'une longue marche et d'une connaissance des "coins" car la morille, tout comme le cèpe, la girolle ou la truffe, n'est en effet pas cultivable, même pour les plus grands chefs !

Au vue des méthodes de production et/ou récolte des champignons, vous comprenez mieux je l'espère pourquoi au restaurant, l'association a priori relativement simple de l'oeuf et du champignon peut devenir un mets goûteux ... et coûteux ! (sinon, reprenez la lecture entière du paragraphe ;-))

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Dans votre panier : le champignon en kit

Si vous avez bien suivi, vous avez compris que les champignons n'étaient ni des tomates cerises ni du basilic : ça ne pousse pas sur le balcon ! (oui, je le reconnais, la contribution de ce blog à l'avancée de la science est énorme)
Avant, pour être fier de ses champignons à la maison, il fallait donc partir dès l'aube le dimanche à la cueillette en renonçant à toute grasse matinée éventuelle. La cueillette du champignon était une véritable quête voire un sacerdoce (vous me direz que pour le dimanche ça tombe bien!).
Mais ça, c'était avant.
En effet, deux jeunes entrepreneurs - peut-être un peu toqués mais surtout très futés - ont profité de l'aspiration actuelle des consommateurs au fait-maison pour développer un kit à champignon, le "Prêt à pousser". La promesse ? Avec le kit et 10 jours de patience et d'arrosage, vous obtenez, sans bouger de votre cuisine, des pleurotes prêtes à récolter et à être cuisiner.

Vainqueur du prix SIAL de l'innovation 2014 (l'équivalent de l'oscar du meilleur espoir dans l'agroalimentaire), le kit est désormais décliné en 3 variétés (pleurotes grises, jaunes ou roses) et les points de vente poussent un peu partout en France.
Vous pouvez donc désormais servir une poêlée tricolore, psychadélique mais toutefois non hallucigène en déclarant fièrement "c'est moi qui les ai cultivés !".

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Sous les feuilles : la bible des champignons

Arrivé à cette étape de la lecture, vous avez devant vous des champignons soit déjà parfaitement cuisinés par un chef (dans ce cas, bonne dégustation, ce paragraphe vous concerne moins!), soit cueillis par vos soins, ceux de votre très gentil voisin ou ceux d'un oncle attentioné, soit des champignons achetés chez votre maraîcher, soit des champignons que vous avez fait pousser avec amour.
Pour passer du champignon brut au champignon cru- ou cui-siné, je vous recommande le très beau livre de Régis Marcon simplement intitulé Champigons (pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué?). Ce Chef triplement étoilé connu pour son travail des champignons a en effet publié l'année dernière aux éditions de La Martinière une véritable bible pour tous les amateurs du genre. Avec ce livre, tout, tout, tout, vous saurez tout sur les fungi : la façon de les éplucher, de les cuire, de les conserver et surtout la meilleure façon de les déguster.
Bref, sous chacune de ces feuilles, vous dénicherez des bolets, cèpes et autres petites merveilles de la forêt, l'odeur de l'humus en moins.

 

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Enfin pour ceux qui définitivement auraient un peu de mal avec les végétaux, voici une autre déclinaison possible qui j'en suis sûre trouvera son public : de délicieux champignons en chocolat fourrés d'un caramel doux et soyeux dans le chapeau et d'un praliné croustillant et gourmand dans le pied signés du MOF dijonnais Fabrice Gillotte.

De quoi tenir facilement les recommandations de 5 fruits et légumes par jour ! ;-) 

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22 octobre 2014

Jamais 2 ... sans 3 !

En 1989, j'aurais chanté "Un, deux, trois, nous irons au bois"
En 1997, j'aurais chanté "Un, dos tres, un pasito pa'lante Maria!"
En 1998, j'aurais chanté "et 1, et 2, et 3-0!"
Cette année, je ne chante pas (j'ai fini par décider d'épargner les oreilles de mes proches ...) mais je mange et j'écris !

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Aussi unbelievable que cela puisse paraitre - yeah, je suis bilingual, ça fait trop branché - ce blog a 3 ans (et moi à peine plus je vous rassure !).
Je vais vous éviter le discours habituel de remerciements et de blablas dignes des césars ou des oscars mais quand même, 3 ans ça se fête. Alors, après le menu idéal (petite réclamation au passage, je l'attends toujours !), voici une petite mosaïque de tops 3 alimentaires, quotidiens ou décalés, pas très glorieux ou plus classiques mais en tout cas très personnel car comme l'explique si justement Marjorie, non je ne mange pas 9* par jour (3* matin, midi et soir, Maman tu suis niveau maths? ;-))

Top 3 des mes aliments quotidiens
Vis ma vie de Mlle Moutarde

- Pomme : "Une pomme par jour éloigne le médecin" disaient les anciennes générations. Je n'irai pas jusqu'à dire que les pommes seraient la solution au trou de la sécu mais en tout cas, j'en mange au minimum une par jour et je me porte très bien, merci ! Petite préférence pour les variétés anciennes ou un peu rugueuses (canada gris, boskoop) plutôt que pour les crunchy type pink lady mais chacun ses goûts ...

- Petits suisses : ça doit être mon côté "pas fini de grandir", j'adore les petis suisses ! Je vous rassure j'ai quand même passé le cap des petits gervais aromatisés fraise ou banane. Les petits-suisses, pour moi maintenant c'est nature, tous les matins, souvent mélangés avec de la pâte de sésame noir (comme je vous l'expliquais ici). Et si vous voulez vraiment tout savoir, le grand challenge matinal consiste à démouler le petit-suisse en équilibre sur la cuillère et à retirer proprement le papier sans que l'ensemble n'aille s'écraser lamentablement sur la table - oui, chaque jour je relève des challenges de fous, c'est ça être une executive woman mes loulous ! ;-)

- Tomates : ouh bouh, ce n'est ni écologiquement ni gastronomiquement politiquement correct mais oui, je mange des tomates tous les jours même en hiver, quand elles viennent d'Espagne ou du Maroc et qu'en plus elles n'ont pas de goût. Pourquoi ? Parce que c'est exactement ce goût - ni sucré ni salé-, dont j'ai besoin pour éveiller mes papilles le matin (parce que oui, en plus je les mange au petit-déjeuner, décidément, je cumule !) et qu'aucun autre fruit ou légume ne peut m'apporter cet entre-deux de saveurs qui correspond exactement à mon entre-deux physiologique du petit-déjeuner entre sommeil et réveil.

Top 3 des gourmandises inavouables
Là, je perds toute caution foodista ...

- Escargots Lanvin : 1er ingrédient "praliné (sucre, amandes, noisettes)", 2ème ingrédient "sucre", 3ème ingrédient "lait concentré sucré". Donc effectivement, je le reconnais, c'est TRES sucré mais ... je m'en fiche ! L'escargot je l'arrache en deux avec les doigts (en suivant la coupe) et je le fais fondre en l'écrasant contre mon palais, c'est comme ça que je l'aime. Alors certes, le pic glycémique après un escargot doit être proche de l'Himalaya mais d'un autre côté, vu qu'ils ne sont en rayon que de mi-octobre à début janvier, faut faire des réserves pour l'année !

- Savane Brossard : de mon temps, le Savane Brossard était sans doute plein d'huile de palme, de sirop de glucose et d'arômes pas naturels mais on ne s'en préoccupait pas et c'était bon comme ça. Maintenant, la composition s'est très nettement améliorée (cf. ce billet de Rose) et je conserve un petit/gros penchant pour ce cake marbré qu'aucun chef pâtissier ne pourra jamais égaler (je vous rassure, ma Maman me faisait aussi plein de bons gâteaux - cake au chocolat, tarte au sucre, crêpes, gateau au chocolat avec des amandes, etc ... mais bon, c'est pas comme si elle n'avait que ça à faire non plus !)

- Choux de Bruxelles : contrairement aux deux aliments précédents, ici c'est 100% sain et 100% naturel mais ça dégoûte pas mal de monde. Moi, j'adore les choux de Bruxelles, frais bien sûr ... mais aussi en boite ! Ok, faut se boucher le nez, mais j'aime la texture complètement fondante qui s'écrabouille dans la bouche. Au fond, c'est la même sensation que les escargots ou le Savane ;-)

Top 3 des aliments que je ne pensais jamais aimer
Parce qu'il n'y a que les c*** qui ne changent pas d'avis

- Ris de veau : le plat qui m'a fait changer d'avis ? Le ris de veau, pamplemousse et eucalyptus de Jean Sulpice alors que je n'aimais ni le ris de veau, ni le pamplemousse, ni l'eucalyptus. Comme quoi, des fois la cuisine, c'est vraiment de la magie ...

- Betterave : la betterave et moi on est tellement amies qu'un fois, je suis restée la moitié d'un après-midi devant mon assiette de salade de betterave cuite. Maintenant, on commence à s'apprivoiser progressivement, tout doucement. Pour l'instant, je ne l'apprécie qu'en version crue mais je pense que si je tente la betterave en croûte de sel d'Alain Passard, ça devrait le faire aussi !

- Roquefort : non en fait, pour le moment je n'aime toujours pas le roquefort ni tous les fromages "persillés" alors que j'aime pourtant presque tous les autres fromages (chèvres bien sûr, morbier, reblochon, fleur du maquis, boulette d'avène, etc ...). Alors imaginez une salade endive, poire, roquefort qui cumule l'amer de l'endive, le persillé du roquefort et le sucré/salé avec la poire, c'est le pompon !

Top 3 des trucs assez incroyables que je n'aime pas

- Les frites : quoi ?! t'aime pas les frites ?! Eh bien non, je le reconnais, je n'ai aucun plaisir à manger des frites. Pas pour des préoccupations diététiques (j'aime beaucoup les pommes dauphine par exemple) mais simplement parce que je n'y trouve aucun intérêt ni aucune gourmandise (même dans les frites maison ou de grands chefs). Je vous rassure, y'a toujours quelqu'un pour se dévouer et me les manger !

- Les kinder bueno : là je sens que je vous perds ! :-) En fait, je ne suis pas très fan des trucs croustillants type les frites ... ou les gaufrettes ! Je préfère les aliments mous/fondants/moelleux (cf. passage au-dessus) et je laisse donc volontiers les kinder bueno à Jo-Wilfried. Par contre, les kinder délice ou les kinder maxi, ça je ne prête pas !

- La crème chantilly : cette fois-ci je vous rassure, pas de problème avec la texture croustillante mais simplement le souvenir d'avoir été deux fois malade à cause d'une chantilly restée sans doute un peu trop longtemps dehors. Depuis, je commande toutes mes glaces en précisant bien "sans chantilly". Par contre, si on me propose de rajouter une boule de glace pour compenser, je répondrais si j'étais familière (ce que je ne suis bien entendue jamais mes loulous): "faites péter !"

Top 3 des prochaines adresses à tester
Parce que ce n'est pas le tout de célébrer, il faut aussi avancer !

- Rachel's cake : le Käsekuchen (prononciation : ké-zeu-cou-reun) j'aime beaucoup : acidulé, relativement léger et aéré (en texture je précise !) et avec une fine couche de pâte pour la gourmandise. Le cheesecake, je reconnais pour le moment que j'ai plus de mal, je trouve ça plus compact et plus lourd. Aux dires de tous, Rachel est LA référérence à Paris pour ce gâteau US. Alors qu'elle fournit depuis longtemps de nombreux restaurants parisiens, elle vient d'ouvrir sa première boutique en propre. J'irai donc, non pas dormir chez vous mais tester pour vous !

- A Noste : Julien Duboué est originaire du Sud-Ouest et fier de l'être comme en témoigne sa cuisine (ce que peut tout à fait comprendre Mlle Moutarde, elle aussi relativement fière de son ancrage territorial). Sa précédente adresse, un restaurant de tapas intitulé Dans les Landes, avait déjà été couronnée de succès. Dans ce nouveau lieu, il offre une réponse aux différentes occasions de consommation (marketing sort de ce corps !) : ambulatoire avec son sandwich taloa, apéro/tapas au rez-de-chaussée et restaurant plus gastronomique à l'étage. J'irai dans un premier temps tester le rez-de-chaussée et, step by step, je monterai peut-être au premier étage.

- Arpège : à vot' bon coeur m'sieur dame ! :-) Le style d'Alain Passard est tellement unique qu'à mon humble avis, un repas chez lui n'est pas comparable à celui chez un autre grand chef étoilé. Pour l'instant, à défaut d'aller goûter sa cuisine avec les papilles, je la goûte avec les pupilles grâce à son compte twitter qui nous régale quotidiennement de ses créations végé-cturales.

Et pour finir, le Top 3 des gens que je souhaiterais remercier

- les Mermaids : Mr. Black Food, Lady Baba et l'As des As (qui m'a laissé 3 ans de tranquilité avant de pointer le bout de son nez :-D) pour "l'implication éditoriale" (accompagnement pour les tests et photos, correction des coquilles, ...)
- Mme Audrey : mère spirituelle de ce blog avec qui nous devons prochainement faire un bon resto pour fêter un événement bienn particulier ! :-)
- Vous tous qui me lisez mes loulous, qui supportez mes jeux de mots un peu nuls et avez la gentillesse de prêter suffisament d'attention à ma logorrhée pour revenir la lire régulièrement (à moins que cette page ne se soit ouverte suite à une mauvaise manip' !)

Je n'irai pas jusqu'à dire qu'on se donne rendez-vous dans 10 ans (qui sait?) mais plus modestement, rendez-vous dans un an !

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06 octobre 2014

Miznon-good

Dans l'alimentation comme dans la vie mes petits loulous, le monde se divise souvent en 2 catégories : cuisine au beurre contre cuisine à l'huile, trempouillage de tartine dans le bol versus pas de trempette, chocolatine fighting pain au chocolat ou monomaniaque contre omnivore.

Autant vous le dire tout de suite, j'ai une légère petite tendance à la monomanie : quand j'aime un produit ou une recette particulière, je peux en manger tous les jours sans me lasser !

En termes de resto, c'est le même refrain mes loulous : quand j'aime, je suis capable d'y retourner plein de fois jusqu'à avoir épuisé mon stock de famille/amis/relations de boulot prêt à m'accompagner.
Ainsi, depuis un an il y a 3 adresses où je reviens quand même suffisament régulièrement pour mériter un rond de serviette à mon nom : le café Jeanne B (dont je vous ai déjà parlé ici), la Pizza dei Cioppi (billet à venir) et Miznon, un restaurant de pitas du Marais.

Certes, le jeu de mot du titre est complètement nul (c'est la crise partout ma pov'dame, même pour les blagues !) mais reconnaissez-le quand même, avec Iznogoud, on a autant le duo Moyen-Orient + monomanie que moi avec la pita !

Alors c'est parti pour une découverte de Miznon façon BD pour la pita qui n'a pas besoin de se rêver calife à la place du calife.

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Etape 1 : l'auteur

Comme pour Astérix et Obélix, un duo d'auteur.
A ma droite, David, l'importateur du concept à Paris, à ma gauche Eyal Shani, chef israëlien, juré du Masterchef local et propriétaire de 5 restaurants à Tel Aviv allant du haut de gamme à la street-food (Miznon). Pour faire simple, un auteur et son interprète liés par le succès.

Etape 2 : le scénario

Un melting pot ou plutôt un cooking-mix réussi entre deux éléments fondamentaux pour faire une bonne pita (décidément, ce billet est très binaire !)
Bien évidemment, un pain pita de compet', moelleux, tiède, alvéolé - en un mot délicieux- et des garnitures cuisinées, parfaitement assaisonnées (marque d'un grand chef) et originales.
Cette alliance entre classicisme parfait du pain et originalité savoureuse des garnitures assure une combinaison qui dépote en bouche.
Ajoutez à cela un lieu rempli par un tourbillon de voix, de fumets, de musique, de couleurs et de petites attentions qui donnent une impression de franche convivialité et l'on sait, rien qu'à la lecture du scénario, que l'on va passer un bon moment.

Etape 3 : le crayonné

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Pour être crayonné, ça l'est ! (personnellement, j'aurais fait ça petite à la maison je pense que je ne serais pas là à cette heure-ci mes petits loulous pour vous écrire - bisous Papa et Maman qui me lisez ^^).
Pour commander, vous vous trouvez donc face à un grand tableau et des murs entiers joyeusement grabouillés et qui servent de carte.
Alors certes, c'est parfois un peu galère pour comprendre ce qui est une garniture de pita, un accompagnement ou même savoir de quoi on parle - je n'ai personnellement toujours pas compris ce que comprend exactement la garniture "sac de coq" (encore, pied de poule j'aurai compris ;-)).
Néanmoins, comme je parle désormais preque le Miznon dans le texte, vous avez en gros le choix entre les garnitures suivantes pour vos pitas : lamelles de boeuf, lamelles de steak et omelette, salade de poulet, boeuf bourguignon, boulettes d'agneau, choux farcis à l'agneau et, bien sûr, le fameux sac de coq.
Pour accompagner la pita, cette fois-ci un choix entre un tryptique légumier : haricots verts, chou-fleur grillé ou patate douce grillée aussi.
Une fois la commande passée, l'affaire est dans le sac ou plutôt dans la pita : le pain est tiédi, coupé, tartiné de tahin, rempli de la garniture choisie puis parsemé de quelques herbes fraîches en fonction des recettes.

Etape 4 : la colorisation

Comme je vous le disais dans l'introduction, Miznon est un lieu chaleureux car plein de vie, d'odeurs, de mouvements et ... de couleurs !
Colorisation façon mozaïque une fois votre commande passée. En effet, pour combler (dans tous les sens du terme), l'attente de votre pita préparée minute, vous pouvez trempouiller les chutes de pita généreusement mises à votre disposition dans du houmous, une sorte de salade de piment (tellement forte qu'elle remonterait les batteries de Iznogood si jamais il avait un coup de mou) et un "jus" de tomate pressée. C'est simple, délicieux, généreux et ça a permis à l'As des As de revivre son trip de Moïse dans les 10 commandements (limite si après il n'essayait pas d'ouvrir la mer rouge devant moi avec ses petits bras le pauvre !).
Colorisation façon noir et blanc ensuite avec l'arrivée du chou-fleur délicatement enveloppé dans son papier sulfurisé. Complètement noirci et croustillant à l'extérieur et encore blanc et fondant à l'intérieur, c'est hyper ultra supra bon et je l'ai même reproduit à la maison (les esprits les plus moqueurs y verront encore un signe de ma légère tendance à la monomanie culinaire :-))

 

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Etape 5 : la dégustation

Pour le dire de manière politiquement correct, la dégustation est aussi vivante que le lieu.
Concrètement, on mange avec les doigts, on s'en fout un peu partout mais qu'est ce que c'est bon ! Toutes les pitas sont un savant mélange de moelleux et de croquant, de cru et de cuit, de chaud et de froid, d'épicé et de doux.
Pour avoir avec mes différents accompagnateurs, testé les garnitures chicken salad, boeuf bourguignon (forcément, Mlle Moutarde ne reste pas insensible...), steack and egg ou boulettes d'agneau, toutes les recettes sont réussies, bien assaisonnées, et la sauce qui imbibe le pain est un petit bonheur.
Concernant l'accompagnement autant vous le dire tout de suite, ruez-vous sur le chou-fleur. Les haricots n'ont que peu d'intérêt alors que je pourrais par contre venir chez Miznon uniquement pour me régaler de ces petits choux rôtis et assaisonnez d'huile d'olive et de gros sel (qui croque un peu sous la dent, c'est hyper efficace !)

Etape 6 : le mot de la faim

Mais oui Miznon ! (et ce n'est pas les Auvergnats qui me contrediront ;-))

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