C’est (bientôt) le printemps, y’a du changement !

A l’heure où certains font leur grand ménage, Mlle Moutarde déménage.
Un cran plus au Nord que la vie parisienne mais finalement dans une ville pas si étrangère que cela car rappelons, pour les ignares qui ne connaissent pas leur histoire de la Bourgogne sur le bout des doigts, que les Flandres faisaient partie du Duché de Bourgogne dans ses grandes heures - soupirs et regrets éternels -.

Ce grand bond en avant comme dirait Mao Zedong est l’occasion de découvrir une nouvelle vi(ll)e mais surtout une cuisine régionale avec du caractère.

Voici donc une petite revue de la gastronomie ch'ti : du salé, du sucré, voire même du sucré/salé, choisissez ce qui vous plait !

Pour les becs salés

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Le Welsh 
Spécialité incontournable du Nord (partagée avec les anglo-saxons), son nom est presque l’onomatopée que l’on pourrait prononcer quand on en parvient au bout.
Au programme ? Du pain, du jambon et un œuf au plat associé à beaucoup beaucoup de cheddar fondu avec de la bière.
Ça tient au corps, bienvenue dans le Nord ! Vous l’aurez compris, après une première expérience malheureuse, j’avais quelques doutes sur la finesse culinaire du mets. Sur le conseil avisé de Charlotte, j’ai pu goûter celui de la Petite Table et je dois reconnaitre que, avec des ingrédients de qualité et un bon équilibre bière/cheddar, c’est bon et presque léger (en bouche – pas pour le reste ;-)).

La carbonnade
C’est personnellement le moment où je coince car je n’aime pas le sucré/salé. Pour faire simple, une sorte de réinterprétation du succulent et célébrissime bœuf bourguignon avec de la bière, de la cassonade et du pain d’épices en plus. Pour moi, le pain d’épices reste dijonnais et sucré, l’affaire est classée.

Potjevlesch
Ma nouvelle obsession du moment, j’entreprends de me lancer dans un grand comparatif !
Le potjevlesch (prononcez « potch » ça vous évitera le ridicule ;-)) est une sorte de terrine de 4 viandes blanches (poulet, lapin, veau et porc) cuites en gelée. Comme pour le jambon persillé, les variations sont multiples (taille des morceaux de viande, proportion de chacune des viandes, goût et tenue de la gelée) et je pense donc dans quelques temps vous faire un billet spécifique sur le sujet.

Les moules
Pas uniquement nordiques mais indissociables de la Braderie !
Pas de pot(jevlesch), la brasserie-phare dont les piles de coquilles vides faisaient le bonheur des journalistes chaque année vient de fermer, faute de repreneurs. Il nous reste donc 6 mois pour trouver une nouvelle adresse.

Les frites
Les gens du Nord et les frites, c’est plus qu’une histoire d’amour, c’est une véritable passion, les frites étant presque le prolongement naturel de leurs doigts.
Quoi que vous souhaitiez manger, la frite pourra vous accompagner. Un potch, un welsh ou des moules ? Avec des frites. Des croquettes de crevette ? Avec des frites. Un gratin dauphinois ? Avec des frites. Une salade de fruits ? Avec des frites.
Ceux qui ont vu ce chef-d’œuvre que représente Les Tuche comprendront.

Et aussi ? Chicon, Waterzoï, Maroilles, ou, un cran au-dessus, vieux-lille.

Pour les becs sucrés

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Les Merveilleux
Attention, je sens que je vais déclencher une polémique presque nucléaire mais pour moi, les merveilleux ne le sont que de nom. Repris il y a quelques années, l’expansion – et le succès je dois bien le reconnaitre- sont rapides. Pour faire simple, deux coques de meringue, assemblées et recouvertes de crème chantilly/ou beurre et roulées, dans leur version traditionnelle, dans des copeaux de chocolat. C’est aussi sucré que le welsh peut être fromagé et pas forcément très puissant en termes de goût. (Je reconnais après que je suis aussi hyper exigeante pour la pâtisserie !)

Meert
L’institution lilloise. Le RDV de la bourgeoisie et des touristes, les célèbres gaufres mais aussi un restaurant et une antenne avec La Piscine à Roubaix. Comme dirait le Michelin, « vaut le détour » et surtout mérite un billet à part entière !

La tarte au chuque
Un dessert que me préparait Lady Baba quand j’étais petite et que j’adorais ! Il s’agit plutôt pour être précise d’une brioche au sucre (car les Lillois ont aussi une vraie tarte au sucre à l’image de la tarte à la mélasse anglo-saxonne d’Harry Potter). Un plaisir tout simple mais très bon, revu et renommé en version gastronomique le Saint-Dominique, et très joliment décrit dans ce billet. Ça c’est un dessert merveilleux ! ;-)

Et aussi ? La cramique, les gaufres, le spéculoos et le génial et merveilleux Alex Croquet qui mérite un portrait pour lui tout seul.

Le mot de la faim

Pour que l’acculturation soit complète, quoi de mieux que de finir par un proberve ch’ti ?

« Quind el’tartine al quet, ch’est toudis du coté del confiture » (quand la tartine tombe, c’est toujours du côté de la confiture).
A Lille comme partout ailleurs ! ;-)