22 novembre 2013

Reader's digest

Sujet du jour : à l'image de la soupe ou des glaces, la lecture a-t-elle une saisonnalité ?
Vous avez 4 heures à partir de maintenant, aucun document n'est autorisé et toute sortie sera définitive !

Plus sérieusement (ou au contraire moins sérieusement ...), avec le retour des températures frisquettes et la nuit qui tombe vite, à défaut d'hiberner, quoi de mieux que de bouquiner ? Voici donc pour accompagner votre thé/chocolat chaud/rhum (rayez les mentions inutiles), quelques lectures gourmandes à déguster selon vos envies ou votre appétit.

fluide glacialSi vous avez envie de tapas ou si vous avez un appétit de moineau : Fluide glacial spécial Nouvelle gastronomie

Comme dirait Thérèse "C'est fin, c'est très fin ça se mange sans faim !".
Fluide glacial, dont l'humour grinçant et décalé n'est plus à démontrer, a ici compilé des planches (pas de cuisine!) et des vignettes de styles très différents mais avec la nourriture comme dénominateur commun.
L'avantage de ce numéro ? On peut le lire comme on pioche dans un bol de cacahuètes laissé sur la table (c'est-à-dire compulsivement ou occasionnellement selon le comportement de chacun :-)). Bien entendu, vous n'êtes pas obligé de tout aimer mais, à l'image des tapas (ou des apéricubes - c'est moins branché mais plus réaliste!), il y en a forcément un que vous apprécierez.
Mon préféré ? Au saumon ! (pardon - j'avais dit que j'arrêtais) : la gastronomie faite pâté, la folie macarons ou l'interview du Chef Alain-Jérôme Pacard !

 

 

cuisine chimieSi vous avez envie de crustacés à décortiquer ou si vous avez soif de comprendre : La cuisine, c'est aussi de la chimie d'Arthur Le Caisne aux éditions Hachette Cuisine

Je ne suis pas la première à en parler, mais ce livre est une petite pépite pour tous ceux qui souhaitent comprendre le pourquoi du comment de ce qu'il se passe quand il cuisine. L'auteur (qui a travaillé avec Hervé Thys) a en effet réussi le tour de force de décortiquer et de nous expliquer étape après étape tous les secrets chimiques de la préparation d'un pot au feu ou d'une purée et de manière très accessible.
Et non seulement c'est simple mais en plus c'est ludique ! Vous vous délecterez donc non seulement en dégustant les plats réalisés mais déjà même en lisant ce petit précis (dans tous les sens du terme !). Grâce à ce livre, son auteur et la chimie, vos invités à Noël dégusteront un chapon farci tendrement fondant ou, d'ici là, vous réalisez des oeufs à la coque pas plus fêlés que vous !

 

luxe alimentaireSi vous avez envie d'un bon morceau de pain qui cale ou si vous avez envie de nourrir votre esprit : Le luxe alimentaire, une singularité française de Vincent Marcilhac aux éditions Pufr

Autant le dire tout de suite, il s'agit d'une thèse. Ainsi, si la première lecture pouvait se picorer, celle-ci est nettement plus "prenante".
Ici, on est presque sur une piste noire (à éviter donc si vous êtes niveau flocon en ski ou si pour vous, les sports d'hiver c'est plus descente de rhum que de piste). Il faut s'accrocher pour ne pas déchausser, ça descend tout schuss mais arrivé à la fin, on a le cerveau bien oxygéné et surtout, on a pris de la hauteur vis-à-vis de l'engouement actuel pour tout ce qui touche de près ou de loin à l'alimentation.
Des fondements du luxe alimentaire français aux nouvelles logiques de localisation des commerces alimentaires de luxe en passant par le défi de la mondialisation, vous serez largement rassasié !

Le mot de la faim

L'avantage des mots par rapport aux mets, c'est que vous pouvez vous en régaler, vous en délecter, vous en empiffrer ... sans difficultés pour digérer !


22 avril 2013

Mythologies : Osiris, Zeus et ... la blanquette

Savez-vous quelle était la principale activité des hommes des cavernes ? Chercher à manger.
Progrès de la civilisation oblige, la principale préoccupation de l'homme moderne n'est désormais plus de chercher de la nourriture (enfin, sans vouloir dénoncer personne, j'ai l'impression que certains en sont quand même restés à cette tâche primaire ...). En effet, grâce à Auchan, Carrefour, Picard, Monoprix et compagnie, vous avez/nous avons désormais du temps pour faire autre chose qu'aller à la chasse et à la cueillette ! Ô joie ! Et moi, il m'arrive à mes heures perdues (entre deux papotages et une pause de vernis) d'employer mon temps de cerveau disponible à ... lire ! (Papa, si toi aussi tu me lis, tu peux être fier de moi ! ;-))

Rassurez-vous, je ne vais cependant pas transformer mon blog en fiches-lectures ou alors ... ce serait en fiches-lectures gourmandes. Eh oui car, fait suffisamment rare pour être souligné, ce billet est consacré à un livre (un vrai, un sérieux, avec une couverture, une quatrième de couverture, plein de feuilles et même pas un petit dessin pour se distraire).

livre mythologies gourmandesCe livre qui passe aujourd'hui à la casserole s'intitule Mythologies gourmandes. Toute analogie avec les Mythologies de Roland Barthes n'est pas fortuite (notez au passage le vocabulaire ultra-chiadé pour ce billet littéraire !) et l'auteur analyse ici en une quarantaine de mythes les clés symboliques des plats phares de notre alimentation. De A comme Andouillette ou Asperge à T comme Tête de veau ou Tartare de thon en passant par C comme Crudités ou H comme Homard à l'Américaine (vous pensez bien que c'est le premier que j'ai lu !), il y en a pour tous les goûts : bec sucré ou bec salé, plats bistronomiques ou plats gastronomiques.

Je ne vais pas vous dévoiler plus avant le contenu pour vous en préserver la prime saveur (bim, encore un vocabulaire de fou !) et vous éviter ainsi du réchauffé mais sachez que le style du Chef est alerte et l'interprétation toujours fine et bien sentie.

La question finale est donc de déterminer quel type de mangeur vous êtes : un mangeur structuré qui attaque le livre en commençant par les entrées, en poursuivant par les plats et en finissant par les desserts ou un mangeur épicurien qui picore les mythologies au gré de ses envies ?

Quoi qu'il en soit, régalez-vous !

Mythologies gourmandes de Rémy Lucas, PUF, 2012.

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08 février 2013

N'est pas bourguignon qui veut !

Vous ai-je déjà parlé de cette huitième merveille du monde qu'est Dijon ? (j'arrête directement les esprits contrariants - et contrariés !- ce n'est pas du chauvinisme mais un constat objectif :-)).

WP_20130205_001Après de longues années d'observation, de recherche dans des ouvrages de référence et de calculs compliqués, je crois pouvoir dire que je suis un HGM (Humain Génétiquement Modifié) avec un gêne supplémentaire (et quand vous saurez lequel vous serez vert de jalousie !) : le gêne du radar bourguignon. En effet, dès que j'entends, vois ou sens quelque chose étiquetté "Dijon" ou "Bourgogne", je perds toute notion de socialisation ou de politesse et ne peux m'empêcher de me jeter dessus. Tout ça donc pour vous expliquer comme samedi, alors que je cherchais un livre sur les croque-monsieur, j'ai traversé à la vitesse de l'éclair le rayon (comme aimantée par une force invisible !) pour attraper et dévorer un livre intitulé Il n'y a pas que les oeufs en meurette en Bourgogne !.

Et que nous promet ce livre au nom si doux à mes oreilles ? Pas moins que des recettes bourguignonnes classiques et revisitées. En gros, le boeuf bourguignon, la gougère ou le pain d'épices version 1970 et version 2030 ! Le beurre (de vache charolaise of course !) et l'argent du beurre en quelque sorte !

Bon honnêtement, même si cela me fend la coquille d'escargot et m'affadit la moutarde que de le reconnaitre, le livre n'est pas transcendant et les recettes présentées (exceptées peut-être une poignée) ne sont pas révolutionnaires. Et l'As des As, lui aussi un HGM avec le gêne du radar bouguignon, partage cet avis. A moins donc d'être "addict", je ne suis pas sûre que ce livre vous intéresse mais il a au moins le mérite de s'ancrer dans une tendance récurente actuelle : le retour au terroir et au local.

Rassurez-vous, je ne vais pas vous laisser sur votre faim ! 

WP_20130207_001Si vous souhaitez vous imprégner pleinement de ce sublime et rarissime joyau qu'est la culture gastronomique bourguignonne, Mlle Moutarde vous recommande plutôt le livre A table ... chez les bourguignons (Glénat éditions) qui a le mérite de mettre en valeur de manière assez complète les artisans gardiens du savoir-faire et de proposer des recettes classiques (le poulet Gaston Gérard, le jambon persillé au Chablis) ou revisitées (le faux-filet de charolais condiment merguez ou la raviole au cassis) par de grands noms de la cuisine locale (les Billoux père et fils ou David Zuddas pour ne citer qu'eux). Tout ce livre se boit comme du petit lait (ou un petit kir pour faire honneur au Chanoine !).

 

Pour conclure ce billet (dont je pense, dans un éclair de lucidité, qu'il n'aura intéressé que les HGM purs et durs !), un petit proverbe local :
"Il n'est ville sinon Dijon, il n'est moutarde qu'à Dijon". Vous comprendrez que Mlle Moutarde ne peut que s'incliner devant une telle vérité ...

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17 août 2012

Des légumes et un, deux, des hommes

Il y a peu de temps (bon ok, en fait ça fait déjà presque 3 mois mais je n'ai pas encore eu le temps de vous en parler !) j'ai assisté à une rencontre entre Alain Passard et Guillaume Gallienne à la Comédie française dans le cadre des "Lecture des sens".

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Le principe ?
Un comédien et un artisan du goût (chef cuisiner, oenologue, ...) se rencontrent et échangent leurs points de vue autour de mets et de mots. Le duo Passard/Gallienne est un duo qui fonctionne bien (ils étaient déjà présents au Paris des Chefs) et qui a une complicité évidente. Ce fut donc un plaisir de les voir et des les écouter, l'un cuisinant avec passion et l'autre ponctuant ses réalisations par des lectures drôles, philosophiques ou ironiques mais quoi qu'il arrive toujours gastronomiques !

Bon, je vous rassure, je ne me suis pas transformée en critique littéraire du "Masque et la Plume" (je sais qu'il y en a certains que ça ferait bien rire ...) et donc moi je vous ramène du concret ! De quoi nourrir votre petite tribu ou, plus simplement, votre esprit gastronomique. Voici donc, dans le désordre (comme le tiercé !) quelques petites infos et astuces d'un grand chef pour, à défaut d'imiter Alain Passard, au moins éviter d'être une passoire !

1) Une petite recette facile pour commencer qui fera aimer la betterave même aux plus réticents (c'est à dire moi !) : la betterave en croute de sel.
Il faut bien laver la betterave crue et couper les fanes mais pas l'éplucher (ça évite d'avoir les doigts couleur Mercurochrome !). Ensuite, on met une couche de gros sel au fond d'un plat, on pose la betterave et on recouvre de sel (ça vous rappellera les pâtés de sable sur la plage ! ;-)). Au four pendant environ 1h à 160°, puis on sort le plat, on attend encore sagement pendant 30 minutes que ça tiedisse, on casse la croute (au sens propre du terme!) et on déguste avec quelques gouttes d'huile d'olive et de vinaigre. Verdict ? Trop bon ! Je n'aime d'habitude absolument pas la betterave mais là elle est presque confite par le sel, ça n'a vraiment rien à voir.

2) Quelle est la bonne taille pour un légume ? Quelle que soit la forme choisie (rondelle, batonnet ou même point de croix !), il faut toujours que le morceau soit de la taille d'une bouchée pour que cela soit plus plaisant à manger. Quand on dit bouchée, c'est une bouchée pour une personne normale, ne faites-pas des morceaux énormes sous prétexte d'avoir des bouchées d'ogre !

3) Il faut toujours prendre de grandes casseroles pour faire cuire les légumes (même quand on les poêle) pour que le légume soit "confortable" (sic !) et cuise harmonieusement. Le bon test ? Si vous voyez encore le fond de la casserole, c'est que c'est bon !

4) Il faut toujours mettre une pointe d'acidité avec les légumes (vinaigre, citron, oseille, ...) pour leur permettre de révéler toutes leurs saveurs.

DSCN15675) La cuisine, c'est comme la peinture ! Il faut chercher à avoir dans l'assiette un contraste pour révéler la note principale ! (ça peut-être de l'acide pour du doux, du salé pour du sucré, du frais pour du chaud, du cru pour du cuit ...)

6) Toujours à la manière d'un peintre, vous cherchez l'inspiration pour composer votre assiette ? Choisissez une couleur et associez tous les fruits, légumes et herbes aromatiques de cette tonalité ! Dixit le Chef, impossible d'avoir des goûts qui ne vont pas ensemble quand on est dans un même camaieu de couleur. Il a ainsi composé une assiette "pourpre" autour de choux-rave, navets, basilic pourpre, fleur de bourrache, fleur de ciboulette et fleur de sauge avec un peu d'oseille pourpre pour l'acidité : goûté et approuvé par Mlle Moutarde !

Pour ne pas vous plonger dans un désespoir profond, je ne vous raconterai pas la séance de dégustation des plats préparés par le chef après la lecture ... Je crois que les photos parlent d'elles-mêmes ! :-)

 

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PS: A propos de légumes et d'hommes, n'hésitez-pas à aller voir, si vous en avez la possibilité, la très belle exposition "Des légumes et des hommes". Jusqu'en septembre à Versailles, puis à Bercy et à la Foire de Paris : toutes les infos ici !

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27 mars 2012

Moteur, silence, ça cuisine !

A moins d'être arrivé seulement depuis deux jours en France (Hello and welcome to France !), vous avez du remarquer que la cuisine est de plus en plus présente dans notre société : journaux, livres, émissions télé et radio, boutiques spécialisées, ateliers de cuisine, jeux de société (Trivial Poursuit spécial gastronomie par exemple), internet, téléphone et sans doute encore ailleurs très prochainement.

Au mois de mars, la cuisine a surtout effectué son grand retour ... au cinéma ! En effet, deux films mitonnés aux petits oignons sont sortis à une semaine d'intervalle ce mois-ci : Comme un chef d'une part, Entre les Bras d'autre part. Chercher à les confronter serait aussi peu pertinent que de comparer homard et Dame blanche (j'adore les deux mais à des moments et des humeurs différentes, l'un n'em-pêche Melba comme dirait l'As des As !). Voici donc, plus qu'une critique, des orientations pour choisir le bon film au bon moment !

comme-un-chefComme un chef : pour ceux qui veulent sourire ou initier tout en douceur quelqu'un à l'univers de la gastronomie
Honnêtement, c'est un film "gentil" et grand public mais qui ne casse pas non plus trois pattes à un canard (ça tombe bien, il n'a pas été tourné à la Tour d'Argent ! ;-)). Quelques scènes sont drôles, d'autres carrément caricaturales mais on doit au moins souligner que les acteurs ont vraiment travaillé leur rôle et ont adopté des gestes de grands cuisiniers même pour certains petits détails (par exemple, la manière de tenir la cuillère pour goûter une sauce). Est-ce réaliste ? Non ! Mais certaines problématiques inhérentes au métier sont soulevées : la pression (économique) liée aux étoiles, les horaires très durs qui obligent bien souvent à mettre sa vie de famille entre parenthèses, les sirènes des modes et tendances qui peuvent venir brouiller un style plus personnel, ... En conclusion, un film à popcorn du samedi soir !

Entre-les-bras-afficheEntre les Bras : pour les fins gourmets qui s'intéressent à la gastronomie ou ... à la psychologie
Ce documentaire est construit comme un plat de haute-volée autour d'un savant équilibre entre plusieurs éléments : transmission et création, inquiétude et fierté, père et fils, nature et culture (du goût), passion et initiation, réussite familiale et destin personnel. Il faut saluer l'excellent montage, sans aucune voix-off, qui réussit par le choix des plans et des coupes, à suggérer toute la palette des émotions ressenties (la dernière image en est la meilleure illustration !). Seul petit bémol, la musique, un petit peu trop mélodramatique, et qui ne sert donc pas vraiment le propos ... En sortant, on n'a qu'une envie, se souvenir de ses propres gourmandises d'enfance et parler à ses parents !

 

Ces deux films, toujours à l'affiche, peuvent être rejoints, dans votre DVD-thèque gourmande, par deux autres films indispensables

ratatouille,0Ratatouille : pour regarder en famille (et faire aimer la ratatouille aux enfants ?)
On ne présente plus l'histoire de Rémi et de son rat ... Mais sachez que ce film n'est pas seulement un gentil film d'animation pour enfants et qu'il peut même toucher les adultes !

 

 

 

 

festin babetteLe festin de Babette : pour comprendre que la cuisine est avant tout un acte d'amour et de générosité
Ce chef d'oeuvre danois réalisé en 1987 est à voir absolument ! Je vous rassure tout de suite, il ne s'agit absolument pas d'un obscur film d'auteur sans sous-titre où on lutte pour garder les paupières ouvertes mais d'un film superbe, émouvant et gourmand.

 

 

 

Enfin, si vous avez de la place, voici quelques autres films gourmands qui m'ont marqué : Julie & Julia, El Bulli : cooking in progress, Cuisine et dépendances, Charlie et la chocolaterie,  Le Chocolat, ...

Tous ces films vous donneront l'occasion de se faire une toile avec les étoiles !

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03 mars 2012

Alimentation générale : un nouveau mag' pas banal !

Aujourd’hui, une petite idée de lecture pour le week-end !

alimentation générale 2En effet, jeudi est sorti un nouveau magazine trimestriel : Alimentation générale. Un Nème magazine de recettes me direz-vous ? Que nenni mes petits ! Si vous espérez y trouver la recette à servir pour le repas de famille de dimanche midi, vous risquez d’être déçu ! En effet, la particularité (et l’intérêt !) de ce nouveau venu dans la jungle des magazines, c’est qu’il traite de l’alimentation dans son acceptation la plus large en prenant en compte toutes les dimensions et toutes les approches associées à cette fonctionnalité vitale de tout organisme vivant.

Comme le dit fort bien Pierre Hivernat, rédacteur en chef du magazine, dans son édito : «Fondés par quelque passionnés qui pensent, avec le philosophe Michel Onfray, que «le repas n’est pas une corvée nutritionnelle mais une jubilation existentielle», Alimentation générale se présente à la fois comme un outil de réflexion et un magazine culturel».

Je ne vais pas vous faire ici un résumé du magazine (personnellement, je déteste qu’on me raconte avant ce qu’il y a dans un magazine que je me réjouis de lire – notamment le Elle - !) mais plutôt essayer de vous donner envie de le lire …

Ce que Mlle Moutarde a aimé dans ce magazine
- la mise en page sans chichi qui met en valeur le propos
- la promesse éditoriale respectée avec des articles aussi variés que les cantines scolaires, l'origine du nom haricot, le portrait du chef Magnus Nilsonn ou l'histoire de la morue (on ne rigole pas ! c'est vraiment intéressant !)
- les intervenants de qualité : Jean-Pierre Corbeau (professeur de sociologie de la consommation et de l'alimentation à l'université de Tours), Andrea Petrini (un journaliste critique culinaire influent) ou Henri Nallet (ancien ministre de l'agriculture)
- un propos parfois provocateur mais toujours argumenté et réfléchi
- les illustrations, un rien rétro et très jolies
- un article sur l'alimentation des ados, loin des clichés habituels (c'est une jeune ex-ado qui parle !)
- la rubrique "jambon et coquillettes" (non, je ne vous en dirai pas plus ! :-))

Ce que Mlle Moutarde aimerait pour qu’il soit parfait
- une couverture un peu plus jolie : fait-il vraiment avoir une couverture moche et provoc' pour prouver qu'on est un magazine avec une réflexion de fond ? (je trouve que ça a un petit côté "bostro" ...)
- un article sous forme de billet d'humeur à l'image de ceux du Dr. AGA dans le Elle : un peu d'humour dans la forme n'empêche pas le sérieux du fond !
- des articles plus orientés sur les nouvelles tendances : en effet, la majorité des papiers apporte un éclairage sur des faits actuels ou passés mais n'est-il pas nécessaire aussi de réfléchir aux nouvelles tendances de fond pour préparer l'avenir ?

Conclusion
Un magazine à acheter et à garder parce qu'il n'y a pas que les légumes qu'il faut cultiver ! :-)

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16 février 2012

Gastronomik en argentique

Le jeudi, c’est pas ravioli mais idée de sortie !

En effet, comme tout être humain normalement constitué (enfin j’espère !) n’a pas qu’un ventre mais est aussi doté d'un cerveau, il faut aussi nourrir son intellect !

Voici donc une idée d’expo qui mérite le détour ! La photographe Daniela Jérémijévic présente une série de clichés inspirée des contes et légendes et joliment intitulée « Gastronomik ». Chaque photo donne ainsi lieu à l’évocation d’un conte différent transposé dans un univers gourmand, très proche du péché de gourmandise !

Je ne vais pas disserter des heures sur son style photographique, le mieux, pour vous donner envie d’y aller et de vous montrer quelques clichés ...

ALICE-GastronomiK-CopyrightDanielaJeremijevic     photo jeremijevic

La bonne nouvelle c’est que cette exposition a lieu jusqu’au 10 mars à La Coupole, un restaurant emblématique de Montparnasse avec son décor Art Déco. Vous pourrez donc aisément faire d’une pierre deux coups et restaurer vos papilles après avoir régalé vos pupilles !

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24 janvier 2012

Après la cité de l'espace, voici la cité de la gastronomie !

Depuis l'inscription l'année dernière de la gastronomie française au patrimoine immatériel de l'UNESCO, le projet de création d'une "cité de la gastronomie" était sur toutes les bouches et dans tous les bruits (de casserole !) du milieu. L'hôtel de la Marine, place de la Concorde, avait même pendant un temps était un candidat très sérieux pour accueillir le projet.

cité gastronomieMais finalement, c'est à Rungis que les études sont lancées pour la construction de cette cité de la gastronomie. Alors certes, on peut reprocher à l'implantation d'être moins prestigieuse et moins centrale que la place de la Concorde ... Mais n'est-ce pas plus logique au fond de rapprocher ce lieu qui célébrera la gastronomie française de son plus gros marché alimentaire ? Une sorte de retour aux sources en somme !

Visiblement, tout le monde s'est désormais accordé sur le lieu d'implantation. Cependant, comme dans une huitre, ce n'est pas tant la coquille que la perle qui se trouve à l'intérieur qui compte ... Alors, que nous promet-on pour cette future cité ?

Rappelons-le, l'objectif premier est de célébrer la gastronomie et les arts culinaires à la française sous toutes leurs formes et de faire un centre qui devienne un pôle touristique au rayonnement international. Les idées sont donc nombreuses et variées : des expositions, un musée de la gastronomie, un centre de création, un centre de formation, une bibliothèque-médiathèque dédiée au goût, des restaurants et des espaces de dégustation (heureusement !), ...

Avouons-le, le programme est plus qu'alléchant ! Cependant, même si tous les ingrédients pris isolément semblent excellents, il faudra, comme dans chaque recette, veiller à bien lier les différents composants pour en faire un plat cohérent et harmonieux, bref un plat qui nous régale.
Et surtout, plus que tout, il faudra veiller à ce que cette cité de la gastronomie ne se transforme pas en monument à la gloire d'une grandeur passée mais continue bien, au contraire, à favoriser le dynamisme et la création de la scène culinaire française actuelle et future (en d'autres termes, on n'a pas intérêt à s'endormir sur nos lauriers - même si celui-ci parfume divinement les plats !).

Le résultat des études et les avancées plus concrètes sur ce projet seront rendues publiques dans les mois à venir et je ne manquerai pas de vous compter par le menu les décisions prises.

En tout cas, voilà bien une "architecture des goûts" (chère à Hermé) au sens propre du terme !

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03 décembre 2011

Miam aux Estiennales !

Mercredi, j'ai assisté à la 4ème édition des Estiennales au titre évocateur : "Miam" !

DSCN0629Les Estiennales, comme leur nom l'indique, sont organisées par l'école Estienne, une grande école technique qui, à l'instar de l'école Boulle dans son domaine, forme des professionnels d'excellence au Design de communication ou aux métiers d'Arts du livre.
L'objectif de cette manifestation (qui se déroule sur 2 jours) est d'inviter des professionnels d'horizons variés à partager leur point de vue sur une thématique. Après les îles l'année dernière, c'est donc au tour du "manger" dans toutes ses dimensions d'être discuté !
Au menu ? Des témoignages d'artisans passionnés par leur métier (Hugo Desnoyer, Gilles Stassart, Alexandre Bourdas, ...), des auteurs culinaires ou critiques gastronomiques (Sébastien Demorand, Eric Roux, Bénédict Beaugé, ...) des chercheurs (sociologue, chimiste, psychiatre), des hommes/femmes de lettres (conservateur de bibilothèques, historien,...) et des hommes/femmes d'affaires (créateur d'entreprise, consultant marketing,...).

Avant de vous raconter dans le prochain billet l'échange fort intéressant que j'ai eu avec Hugo Desnoyer, je vais vous offrir en "avant-goût" le cadeau remis aux intervenants de ces journées. En effet, il ne faut pas oublier que l'école Estienne est une école de design et d'arts du livre, les élèves ont donc mis en oeuvre leur créativité pour montrer, chacun à sa manière, leur savoir-faire autour de cette thématique. Et vous allez voir que l'on peut être très créatif autour du Miam !

Voici donc le cadeau :

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Eh oui ! Surprise ! Une boite à pizza pour une manifestation tournée autour du bien manger ? Une hérésie ? Non au contraire, un délicieux clin d'oeil un rien provocateur !

Mais quand on ouvre la boite (rassurez-vous ce n'est pas la boîte de Pandore !), on ne peut qu'admirer tout le talent des élèves ! Cette confrontation entre 2 arts (l'art de manger et l'art du graphisme/design) donne lieu à différentes créations toutes révélatrices d'un point de vue sur l'alimentation (ludique, consummériste, raffiné, ...).

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Dans le détail, vous pouvez admirer une série de cartes postales avec un style propre à chaque élève

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Un ensemble de "fiches-recettes" de recettes où la typographie est adaptée à l'intitulé même de la recette

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Des papiers gauffrés absolument magnifiques (j'ai voulu vous faire un détail sur la gauffrure mais mon appareil n'est pas à la hauteur de la qualité du travail réalisé ...)

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Ou un puzzle (le Miamopuzzle) composé uniquement d'expressions autour des fruits et légumes.

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Ce Miamopuzzle constituait la Cerise sur le gâteau de ce billet. Je vais en effet couper la poire en 2 et vous faire poireauter jusqu'à mardi pour vous raconter l'échange avec Hugo Desnoyer !

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29 novembre 2011

Petite histoire de la gourmandise ...

gourmandiseJe voudrais aujourd’hui vous parler d’un livre que je compte aller acheter très rapidement : Gourmandise, histoire d’un péché capital  par Florent Quellier. L’auteur, historien de formation, a reçu la semaine dernière le prix Jean Trémolières pour cet ouvrage qui retrace au fil des siècles, l’évolution du terme gourmandise et de l’univers qui lui est associé.
J’ai eu la chance de l’écouter lors de sa remise de prix. Je ne vais pas ici vous faire une synthèse de son propos mais plutôt tenter de vous mettre en appétit en mentionnant quelques remarques de l'auteur sur la gourmandise au fil des siècles.

1) Dans nos sociétés contemporaines, le discours autour de la gourmandise est très largement culpabilisant. En réaction à cette diabolisation de la gourmandise, on observe une mobilisation pour promouvoir une gourmandise "honnête", plus qualitative que quantitative (la hausse du nombre des produits AOP, la semaine du goût, le mouvement Slow Food,...)

2) Toujours en réaction à cette diabolisation, on remarque aussi une tentative de légitimisation de la gourmandise via une gourmandise "patrimoniale", qui s'adresse non plus seulement à notre ventre mais aussi à notre tête. La gourmandise est ici considérée comme un objet culturel à part entière. Pour preuve, les guides touristiques qui citent non seulement l'histoire locale ou les sites remarquables mais aussi les gourmandises propres à chaque région. D'ailleurs la gastronomie française n'a-t-elle pas été inscrite au patrimoine immatériel de l'UNESCO ?

3) De manière plus anecdotique, l'expression "sale goinffre" est une redondance. En effet, goinffre signifie déjà "celui qui mange salement" !

4) Connaissez vous la différence entre un friand, un gourmet ou un coteaux ? Le friand est la personne qui connait les bons morceaux. Le gourmet, celle qui teste la qualité des vins. Enfin, le coteaux est celui qui sait reconnaitre l'origine du produit. Ce dernier terme prouve d'ailleurs que la culture du terroir est quelque chose de très ancien en France ...

5) Enfin, savez-vous à quoi correspond le terme "gourmand" actuellement ? Il désigne une personne (ou plutôt un équilibriste !) qui réussit à associer la joie de vivre du bon vivant et la connaissance des bonnes adresses du gourmet.

Voici quelques petites anecdotes que vous retrouverez, entre autres, dans le livre "Gourmandise, histoire d'un péché capital". J'aurais pu aussi vous parler de l'utilisation par les marques de l'industrie agroalimentaire de la gourmandise dans la publicité ou vous raconter ses différentes représentations dans l'art pictural au fil des siècles mais ... je préfère vous laisser sur votre faim et vous inciter à lire ce livre ! :-)

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