08 novembre 2016

Palmarès des prix Myselfing

La remise des prix Fooding a eu lieu hier, dans tout ce que la foodosphère parisienne fait de plus bobo, hype et branché. La coolitude absolue quoi. Soit.

Mais, avec tout le respect que je dois au Fooding (même si je n’ai trop aimé quand ils ont attaqué mon Picard chéri), manquent quand même au palmarès certains prix incontournables à mon palais et à mon estomac.

Voici donc, Ladies and Gentlemen, pour compléter les prix Fooding, les prix Myselfing (qui n’engagent que moi et moi-même).

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Prix homard et crevettes

Vous connaissez ma très légère passion pour le homard (peut-être un peu moins celle pour les crevettes) et j’essaie donc de multiplier les occasions d’en manger. Cette année le prix Homard et Crevettes revient donc sans l’ombre d’une hésitation à la salade césar au homard de chez Meert à Lille. Mes deux délices réunis dans une seule assiette, autant vous avouer que je n’ai jamais pris un autre plat chez eux et qu’ils devraient même la renommer Salade Mlle Moutarde pour la peine.

Prix tomate

Ayant quand même, soyons honnête, une légère tendance à être monomaniaque, il y a un certain nombre de légumes ou d’aliments que je pourrais manger je pense à peu près tous les jours sans me lasser (comme les tomates !). A l’extérieur, le chou-fleur grillé de chez Miznon, rôti presque brûlé, fondant et avec ses pointes de gros sel qui font saliver et à manger – plaisir ultime – à moitié avec les doigts, remporte donc le prix tomate.

Prix « Coucou les végétariens »

Oui, la tendance est à la valorisation du végétal, au buddha bowl et autre avocado toast. Mais des fois, rien ne remplace la viande (vous imaginez un bœuf bourguignon sans bœuf ni lardon ??). Le prix est donc attribué à l’unanimité de moi-même à une découverte de l’année (due à une passagère migration nordique) le Potjevleesch, savoureux mélange de 4 viandes blanches (porc, poulet, lapin et veau) cuites dans un savoureux bouillon et servi en terrine. Les végétariens peuvent toujours manger les frites, accompagnement incontournable de ce plat du Ch’nord.

Prix « Il n’y a que les cons qui ne changent pas d’avis »

Attribué sans hésitation au Petit Cambodge. Je reconnais qu’avant, quand on me parlait de bo-bun, c’était un peu trop bordélique et avec trop de choses dedans pour me faire envie. Après avoir goûté, je dois reconnaître qu’il se peut que je me sois légèrement trompée sur le sujet voire carrément plantée. En effet, dans un bol, c’est une véritable explosion de saveurs entre le cru et le cuit, le végétal et l’animal, la fraîcheur des herbes et la gourmandise des cacahuètes. (Par contre je ne change pas d’avis sur la patate qui n’a globalement dans la vie strictement aucun intérêt)

Prix Dijon forever

Dans la vie, il y a Dijon et le reste. Beaucoup de mets pourraient prétendre à ce prix mais il revient cette année sans hésiter à l’incroyable repas du restaurant William Frachot dégusté l’année dernière. Le plein d’enfance et de souvenirs à chaque bouchée.

Prix du sésame noir

Prix un peu pointu mais qui tend à se développer. Le sésame noir c’est un peu la noisette asiatique : une rondeur boisée un peu brute à déguster en toute gourmandise. Joie pour moi qui adore ça, le sésame noir arrive de plus en plus à Paris (on attendra encore un peu je pense pour le reste de la France). La Boulangerie Utopie et son éclair au sésame noir remportent ce prix. Un vrai goût de sésame noir pas édulcoré (tendance malheureusement récurrente sinon pour ne pas effrayer par le goût un peu brut) et une couleur grisâtre qui moi me fait franchement saliver par les saveurs qu’elle promet.

Prix d’amour bobo

On voudrait les snober, on a beau essayer les nouvelles alternatives, on râle à chaque fois qu’il faut attendre pour avoir une table mais on y revient toujours. Parce que c’est bon tout simplement. Donc oui Bigmamma, toi, ta stracciatella et tes pizzas, vous n’avez pas fini de me voir, à l’est, à l’ouest ou même à Dijon si tu veux.

Prix Passard & Moi

Remis sans trop de suspense à Alain Passard. Vous l’ignorez sans doute mais Alain Passard et moi on a, sans le savoir, une longue histoire. Un diner en quasi-tête à Shanghai, un restaurant ouvert en 1986 (sublime année qui correspond - ô coïncidence- à mon année de naissance) et implanté à l’angle de la Rue de Bourgogne. A ce niveau de connexion-là, Alain, ce n’est plus le hasard, c’est le destin.

Prix « Les étrangers savent aussi faire à manger ».

Même si la cuisine française, de plus en plus challengée, s’enorgueillit d’être la meilleure du monde, on peut aussi déguster à droite ou à gauche des trucs pas dégueus voire très bons. J’aurais pu choisir un plat typique d’un des pays visités mais c’est finalement la salade césar dégustée à Amsterdam qui remporte la palme. Avec un benchmark de plus en plus large (le palmarès parisien d’il y a quelques temps ici), il faut reconnaitre que cette salade remplit quasiment tous les critères de la César parfaite. Donc oui, même les étrangers savent faire à manger.

Prix « J’ai des goûts simples »

Dans la vraie vie, je mange plutôt simplement même si j’assume une tendance naturelle à avoir des goûts de luxe – ces derniers ne rimant d’ailleurs pas forcément avec cuillère en or et diner 15*. Ainsi, une « simple » grappe de tomates peut faire mon bonheur. Surtout s’il s’agit d’une grappe de petites tomates du Vésuve à qui le micro-climat spécifique à la région donne un goût très intense même en septembre-octobre. Très rares à trouver en France (ici chez Rap Epicerie), je voulais en tant qu’amatrice de tomates les goûter depuis un moment. Oui, je suis snob.

Mot de la faim

1000 autres catégories auraient pu faire l’objet de ce palmarès très personnel.
Je laisse néanmoins le mot de la faim à l’As des As (je vous rassure, il va très bien même s’il regrette un peu d’apparaitre moins souvent) qui, en réaction au vrai prix de la meilleure saucisse-purée remis par le Fooding, l’a octroyé pour sa part à Herta et Mousseline.
Tellement over, tellement hipster.

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04 mars 2016

Pour ne pas perdre le Nord

C’est (bientôt) le printemps, y’a du changement !

A l’heure où certains font leur grand ménage, Mlle Moutarde déménage.
Un cran plus au Nord que la vie parisienne mais finalement dans une ville pas si étrangère que cela car rappelons, pour les ignares qui ne connaissent pas leur histoire de la Bourgogne sur le bout des doigts, que les Flandres faisaient partie du Duché de Bourgogne dans ses grandes heures - soupirs et regrets éternels -.

Ce grand bond en avant comme dirait Mao Zedong est l’occasion de découvrir une nouvelle vi(ll)e mais surtout une cuisine régionale avec du caractère.

Voici donc une petite revue de la gastronomie ch'ti : du salé, du sucré, voire même du sucré/salé, choisissez ce qui vous plait !

Pour les becs salés

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Le Welsh 
Spécialité incontournable du Nord (partagée avec les anglo-saxons), son nom est presque l’onomatopée que l’on pourrait prononcer quand on en parvient au bout.
Au programme ? Du pain, du jambon et un œuf au plat associé à beaucoup beaucoup de cheddar fondu avec de la bière.
Ça tient au corps, bienvenue dans le Nord ! Vous l’aurez compris, après une première expérience malheureuse, j’avais quelques doutes sur la finesse culinaire du mets. Sur le conseil avisé de Charlotte, j’ai pu goûter celui de la Petite Table et je dois reconnaitre que, avec des ingrédients de qualité et un bon équilibre bière/cheddar, c’est bon et presque léger (en bouche – pas pour le reste ;-)).

La carbonnade
C’est personnellement le moment où je coince car je n’aime pas le sucré/salé. Pour faire simple, une sorte de réinterprétation du succulent et célébrissime bœuf bourguignon avec de la bière, de la cassonade et du pain d’épices en plus. Pour moi, le pain d’épices reste dijonnais et sucré, l’affaire est classée.

Potjevlesch
Ma nouvelle obsession du moment, j’entreprends de me lancer dans un grand comparatif !
Le potjevlesch (prononcez « potch » ça vous évitera le ridicule ;-)) est une sorte de terrine de 4 viandes blanches (poulet, lapin, veau et porc) cuites en gelée. Comme pour le jambon persillé, les variations sont multiples (taille des morceaux de viande, proportion de chacune des viandes, goût et tenue de la gelée) et je pense donc dans quelques temps vous faire un billet spécifique sur le sujet.

Les moules
Pas uniquement nordiques mais indissociables de la Braderie !
Pas de pot(jevlesch), la brasserie-phare dont les piles de coquilles vides faisaient le bonheur des journalistes chaque année vient de fermer, faute de repreneurs. Il nous reste donc 6 mois pour trouver une nouvelle adresse.

Les frites
Les gens du Nord et les frites, c’est plus qu’une histoire d’amour, c’est une véritable passion, les frites étant presque le prolongement naturel de leurs doigts.
Quoi que vous souhaitiez manger, la frite pourra vous accompagner. Un potch, un welsh ou des moules ? Avec des frites. Des croquettes de crevette ? Avec des frites. Un gratin dauphinois ? Avec des frites. Une salade de fruits ? Avec des frites.
Ceux qui ont vu ce chef-d’œuvre que représente Les Tuche comprendront.

Et aussi ? Chicon, Waterzoï, Maroilles, ou, un cran au-dessus, vieux-lille.

Pour les becs sucrés

LES-MERVEILLEUX   image2

Les Merveilleux
Attention, je sens que je vais déclencher une polémique presque nucléaire mais pour moi, les merveilleux ne le sont que de nom. Repris il y a quelques années, l’expansion – et le succès je dois bien le reconnaitre- sont rapides. Pour faire simple, deux coques de meringue, assemblées et recouvertes de crème chantilly/ou beurre et roulées, dans leur version traditionnelle, dans des copeaux de chocolat. C’est aussi sucré que le welsh peut être fromagé et pas forcément très puissant en termes de goût. (Je reconnais après que je suis aussi hyper exigeante pour la pâtisserie !)

Meert
L’institution lilloise. Le RDV de la bourgeoisie et des touristes, les célèbres gaufres mais aussi un restaurant et une antenne avec La Piscine à Roubaix. Comme dirait le Michelin, « vaut le détour » et surtout mérite un billet à part entière !

La tarte au chuque
Un dessert que me préparait Lady Baba quand j’étais petite et que j’adorais ! Il s’agit plutôt pour être précise d’une brioche au sucre (car les Lillois ont aussi une vraie tarte au sucre à l’image de la tarte à la mélasse anglo-saxonne d’Harry Potter). Un plaisir tout simple mais très bon, revu et renommé en version gastronomique le Saint-Dominique, et très joliment décrit dans ce billet. Ça c’est un dessert merveilleux ! ;-)

Et aussi ? La cramique, les gaufres, le spéculoos et le génial et merveilleux Alex Croquet qui mérite un portrait pour lui tout seul.

Le mot de la faim

Pour que l’acculturation soit complète, quoi de mieux que de finir par un proberve ch’ti ?

« Quind el’tartine al quet, ch’est toudis du coté del confiture » (quand la tartine tombe, c’est toujours du côté de la confiture).
A Lille comme partout ailleurs ! ;-)

31 décembre 2015

2015, clap de faim !

Pour commencer, admirez s'il vous plait dans ce titre toute la rigueur journalistique de vérification de l'info apprise auprès de l'As des As ;-)

Avant d'entamer avec appétit une nouvelle année, voici aujourd'hui un billet pas très construit, pas très écrit avec quelques plats (pour être honnête, ma rigueur maniaque m'oblige à présenter un nombre rond et ce sera donc 10 et pas 11 ou 8.5) mangés /dégustés/goûtés/savourés cette année et dont je ne vous ai pas forcément encore parlés.

Voici donc, pour clôre cette page annuelle, un colle-au-frigo de plats depuis longtemps digérés mais dont le souvenir suffisamment présent m'impose de vous (re)parler !

salé 2015

1. La pizza à la truffe d'East Mamma
East Mamma, je vous en ai déjà parlé ici, mais quand la "trattoria populaire" dixit elle-même sort pour les fêtes une pizza (aussi délicieuse que les autres) avec en plus de la truffe, on ne peut que dire "ma ... si elle aime ça!"

2. La salade César
Sans exagérer, presque mon déjeuner quotidien en semaine. Je commence à avoir un solide benchmarck et vous aurez donc le droit à un billet dédié très bientôt !

3. Le ris de veau à l'ail des ours de Jean-François Piège
Ce plat-là, dégusté juste avant la fermeture de son restaurant rue Saint Dominique, a confirmé mon goût - récent - pour le ris de veau et j'ai aussi apprécié retrouver l'ail des ours, une saveur que je croisais régulièrement durant mes années allemandes.

4. La pizzeria dei cioppi
Petite soeur de feu le caffé dei cioppi, je n'en ai étonnamment jamais parlé ici. Un peu David face au Goliath qu'est East Mamma, tout proche, très différent mais tout aussi bon.

5. Une entrée dégustée au Jardin des Plumes de Eric Guérin à Giverny
Courgettes grillées, fromage frais, fenouil, comté et haddock. Plus un assemblage qu'une véritable cuisine mais tellement bon et évident que je pourrais volontiers en manger tous les jours.

6. Une autre entrée dégustée cette fois-ci chez Will à Paris
Un tartare de boeuf, crème de truffe et gomasio où la rondeur et le torréfié du sésame complètent parfaitement les 2 autres éléments
(j'anticipe votre remarque, non je ne mange pas que de la pizza, de la truffe ou de la pizza à la truffe, il y a aussi un peu de homard et de salade césar de temps en temps! ;-)).

7. L'oeuf meurette de William Frachot à Dijon.
Parce que voilà.

Et un peu de sucré pour terminer...

sucré 2015

8. La glace au sésame noir du restaurant japonais Aï
Hyper brute, limite too much pour les padawans mais parfaite en termes de goût et de force pour l'accro au sésame noir que je suis.

9. Le Citron de Cédric Grolet au Meurice
Je suis, pour diverses raisons, hyper exigeante en termes de pâtisserie et c'est rare que je sois impressionnée. Mais là, oui. Tant par le visuel et le goût du dessert que par le discours du pâtissier.

10. Le russe au praliné sorti des mains du Chef
Encore plus gourmand et additif que le Paris-Brest (si, si c'est possible...) et tout simplement parfait.

Et pour 2016 ?
On m'annonce dans l'oreillette en janvier un brunch très prometteur et la découverte d'un 2* qui ira certainement et rapidement plus haut (et quelques galettes aussi ...)
Sans doute aussi une légère influence cht'i avec des gaufres, du maroilles et du Florent Ladeyn
Et comme toujours du homard, des escargots Lanvin, des tomates et de la pastèque, de la glace et une grosse dose de Bourgogne pour garder les valeurs sûres !

22 octobre 2013

J'ai deux ans ... mais pas de titre ! :-)

22, v'là les flics ? Que nenni mes loulous, c'est le 22 (octobre), v'là l'anniversaire blog-geek (bon ok, la rime est nulle mais 1. c'est mon blog je fais ce que je veux et 2. je ne me voyais pas vous faire une rime avec "bactériostatique" ou "kymrique"!).

Anniversaire 2 ans Camille 006En effet, aujourd'hui, Mesdames, Messieurs, aujourd'hui est un grand jour car nous fêtons en grandes louboutins (= pompes pour la population masculine qui lit ce blog) les deux ans d'existence de cet espace virtuel par la forme mais bien réel par l'aventure qu'il entraine avec lui.

Si pour mes "vrais deux ans", on ne se souvient plus vraiment de ce que j'ai mangé (vous noterez au passage le "challenge" que représentait pour moi 2 bougies et qui me faisait quasi-loucher - je vous rassure, au fil des années, j'ai appris à maitriser le nombre! ;-)) pour les deux ans de mon blog, je vais élaborer mon menu idéal.

Peu importent les saisons et la cohérence globale, ce menu est comme ce blog : un carnet personnel de tout ce que j'aime !

Donc, pour ce 22 octobre, Mlle Moutarde vous propose :

A l'apéritif

Un jus de tomate (sans sel de céleri mais avec citron et tabasco - pour le nombre de gouttes, merci de s'adresser directement à Mr Blackfood qui tient les comptes)
avec
des gougères (les vraies de vraies avec juste ce qu'il faut de muscade et de comté) et des tomates cerises (de Peltre de préférence).
Précision peut-être pas inutile : Peltre n'est pas une variété très rare de tomates mais la cueillette Chapeau de Paille grâce à laquelle on se fait des orgies d'excellentes tomates (verte, rouge, cornue, cerise&Cie), de fruits rouges à gogo ou de pommes.

En entrée

La recette du tartare de daurade et de boeuf de Gagnaire (oui, je sais, ça fait la fille qui se la pète, mais en fait c'est une recette que l'on fait nous-mêmes de nos petites mains grâce à la recette extraite de ce livre)
ou
ce pain perdu au saumon qui est simplement trop bon.
Bon, et puis comme c'est mon menu idéal et que je fais ce que je veux, je voudrais aussi un bretzel de chez Ditsch à peine sorti du four et encore tout chaud car y'a que comme ça que c'est bon !

En plat

Du homard évidemment (dans son plus simple appareil dans tous les sens du termes !)
En accompagnement ? Une terrine potimarron/cèpes/noisettes pour la période automne/hiver et des légumes à la grecque ou des légumes grillés pour l'été.

En fromage

Du chèvre ("ah désolé monsieur nous n'avons pas de chèvre" - réplique extraite de mon film culte : On connait la chanson !)

En dessert

Une dame blanche ou une omelette norvégienne (en toutes saisons), de la pastèque fraîche (seulement l'été, bizarrement, quand il fait -3° dehors ça me tente moins ...) ou certains gâteaux très précis (je laisse libre cours à votre imagination ... ;-))

Pour finir

Un café plutôt lungo (Mama mia, les italiens me pardonneront ce crime de lèse majesté au ristretto !)
avec
un escargot Lanvin au lait.
Au passage, vous ai-je déjà parlé de ce véritable drame que je revis tous les ans ? Je suis absolument dingue de l'escargot Lanvin (dont la production est en Bourgogne d'où la forme hélicoïdale, et toc !) qui n'est produit que durant les fêtes de fin d'année. Ajoutez à cela une DLC relativement courte (2 mois et effectivement j'ai testé les conserver jusqu'à Pâques mais ils n'ont pas le même goût), je dois m'en empiffrer en novembre/décembre/janvier pour pouvoir tenir toute l'année ! (au passage si Lanvin me lit, faites s'il vous plait des escargots de Pâques, des escargots d'été, des escargots de vendange, bref des escargots toute l'année !) - Fin de la parenthèse, vous savez tout de ma vie so difficile ! :-)

Maintenant que l'on s'est régalé (enfin moi en tout cas c'est sûr !), je voudrais profiter de ce billet pour remercier :
- Tous les Mermaids (Lady Baba, Mr. Blackfood, l'As des As - qui est d'ailleurs l'auteur de ce non-titre!) pour le suivi régulier, leur soutien avant même la première heure et leurs estomacs toujours prêts à me suivre
- Mme Audrey, sans qui ce blog n'existerait pas et sans qui ma vie serait donc bien différente
- Vous tous qui me lisez et qui continuez à me lire même si le rythme s'est un peu ralenti pour cause de vie plutôt dense à côté
- Tous ceux qui m'inviteront dans les prochains mois/trimetres/siècles et qui auront la bonne idée de réaliser ce menu :-)
- Et, comme je ne pouvais pas faire un billet anniversaire sans mentionner son nom, je tiens à remercier Dijon parce que voilà !

Bon allez mes loulous, bisous, merci pour tous et à bientôt pour un nouveau rendez-vous !

23 décembre 2012

Happy Jul et felice Neujahr !

Mes chers petits loulous,

Parce que préparer à manger/manger/digérer occupe tout mon temps de cerveau disponible à la fin décembre
Parce qu'il faut fêter dignement d'avoir survécu à l'apocalypse (mais peut-être pas à l'apocal-hips !)
Parce qu'à Noël le (petit) Jésus n'est pas qu'un saucisson lyonnais
Parce que manger du foie gras et taper en même temps des billets rend le clavier ... aussi gras que le foie
Parce qu'en cette période je préfère manger des bûches que bûcher
Parce que la trève des confiseurs est aussi celle des mangeurs de confiseries (et notamment des escargots Lanvin !!)
Parce que je ne peux pas avoir les yeux fixés sur la cheminée pour attendre le père Noël/sur l'horloge pour guetter les 12 coups de minuit/et sur mon écran pour raconter des romans
Parce qu'il n'y a pas que les jouets dont les batteries ont besoin d'être rechargées

Mlle Moutarde quitte pour quelques jours l'internet mondial au profit de la table familiale et revient aussi piquante et barrée dès début janvier.

Bonnes fêtes de fin d'année à nous tous et à très vite !

                                                                      DSCN0906

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18 décembre 2012

Le grand huitre !

A J-quelques jours avant le début du grand raout des fêtes, pour ne pas tomber sur un os, on va parler ... coquille ! Pas celle de l'escargot (même Mlle Moutarde fait parfois quelques infidélités à ses origines bourguignonnes ...) mais celle de l'huître qui, avec le foie gras et la volaille farcie, fait partie de la sainte trinité salée des fêtes de fin d'année.

les_huitres_perlieres_-_detailQuand l'huître sort de sa coquille ...

Même si globalement tout le monde voit à peu près ce qu'est une huître (coquillage/perle/ouverture risquée/citron et beurre salé), elle reste encore en bonne partie mystérieuse quand on s'y intéresse de plus près.
Un petit test pour vous le prouver : les différences entre saucisse de Toulouse, Francfort, Morteau ou Herta (cherchez l'erreur !) vous voyez bien. Mais la différence entre huîtres Marennes Oléron, normandes, bretonnes ou d'arcachon vous la connaissez ? Ah ah, on sèche là !
Pour remédier à cette lacune (et non lagune !), le Comité National de la Conchyliculture (i.e. le syndicat des coquillages et crustacés sur la plage abandonnée) a décidé de mobiliser autour de l'huître en organisant, depuis deux ans déjà, la Fête de l'huître à Paris au cours de laquelle a carrément été élu le champion de France des écaillers. Au delà du folklore, cette journée a surtout permis de faire une dégustation "à l'horizontale" d'huîtres et de constater ainsi leurs différences en termes organoleptiques. De mémoire, la bretonne, la plus douce, est idéale pour les débutants. L'arcachon est celle qui a le goût le plus iodé. Les marennes oléron et les normandes ont des profils gustatifs à peu près similaires (pour des non-experts !) mais la Marennes Oléron est plus charnue et a plus de mâche que la normande (pour la petite histoire, le "pied" de la marenne est plus présent en bouche du fait de son mode d'élevage qui l'oblige à s'ouvrir et à se fermer, c'est-à-dire à se muscler !). Et comme Paris n'est pas la France, le CNC lance aussi une vaste campagne TV (sur France TV), radio (sur France Inter) et web (Doctissimo et Canal +) pour faire connaitre ce diamant ou plutôt cette perle brute.

Et comme ouvrir des huîtres peut être chic sans virer choc, Opinel himself vient de lancer son couteau n°9 à huîtres et coquillages pour dixit le site, "l'ouverture précise de toutes sortes de coquillages en toute simplicité". (le SAV porte aussi sur la simplicité ?)

En illustration, un gros plan d'une manière noire de Judith Rothchild sur les huîtres perlières.

Va-t-on gober ça ?

Vous imaginez bien qu'il était IMPOSSIBLE que je fasse un billet entier sans être un brin décalé ! Alors comme c'est la fin de l'année et qu'il faut bien rigoler, voici deux produits plus insolites !
- Les chips Bret's saveur marine : la marque bretonne Bret's a décidé d'innover tout en restant fidèle à ses racines en proposant des chips au goût d'huître. Pour les avoir goûtées, je peux vous dire que ce n'est pas inintéressant ... Au nez, le côté iodé est bien présent et en bouche la saveur minérale de l'huître fonctionne plutôt bien avec le côté salé des chips de patate. Si vous les trouvez, ça vaut le coup d'essayer !
- La bière aux huîtres : bon là, j'avoue je n'ai pas goûté ! Visiblement, le retour sur le devant de la scène de la bière ne se limite pas à la France et nos voisins italiens, pour surfer sur la tendance, ont décidé de développer différentes bières aromatisées dont une à l'huître sobrement baptisée "Des perles aux cochons". Autant la chips peut me faire craquer, autant cette bière ne me fait pas mousser ...

800px-Mertensia_maritima_2Et enfin, pour tous ceux pour qui les huîtres en coquille "ne passent pas", ils peuvent toujours tenter l'huître ... en feuilles ! En effet, mieux que l'herbe à chat, l'herbe à huître, la "Mertensia Maritima" (aussi appelée huître végétale), est une plante des bords de mer dont les feuilles légèrement bleutées ont les mêmes caractéristiques gustatives que le coquillage. Si ses fruits étaient des perles, elle serait parfaite ! ;-)

22 octobre 2012

1 an et toutes mes dents !

Je sais que c'est pas vrai ... mais j'ai un an ! (ou plutôt mon blog a un an, moi j'ai quand même quelques printemps de plus !)

Alors forcément un blog, ça change certaines choses dans la vie.

Ainsi, depuis que j'ai lancé mon blog il y a un an jour pour jour, je mange désormais tous les jours dans des restaurants étoilés, je suis devenue richissime et je passe à  la télé. Non, ça c'est si j'avais gagné au loto mes petits loulous !
Bon, alors, plus sérieusement, un an de blog ça m'a apporté quoi exactement ? La réponse en 22 points (22, comme 22:22 ou 22 octobre !)

DSCN0751- une curiosité toujours éveillée pour tout ce qui touche de près ou de loin à l'alimentation (il faut être honnête, je ne fais que renforcer un penchant naturel !)
- un surnom qui me va très bien
- des heures passées à faire du tourisme dans les rayons des supermarchés (et je peux vous dire que certains me prennent pour un extraterrestre avec mon appareil photo devant les paquets de coquillettes !)
- une diversification alimentaire précoce (de 0 à 1 an, le moins que l'on puisse dire, c'est que je n'ai pas pris que des biberons !)
- une improbable séance shooting de la banière à la Défense un dimanche après-midi
- une nouvelle raison d'avoir des cadeaux : maintenant j'ai mon anniversaire mais aussi celui de mon blog (avis aux entendeurs ... ;-))
- de super rencontres avec d'autres blogueurs comme RosePascale, Dorian, Mercotte, AnneAriane et beaucoup d'autres
- un certain nombre de commentaires hautement constructifs de l'As des As ("Et les saucisses ?" pour n'en citer qu'un !)
- des découvertes culinaires plaisantes ou étonnantes (certains macarons Hermé ou les chips à l'huitre)
- ... et d'autres beaucoup moins ! (le Mac Baguette pour ne citer que lui)
- une implication familiale : mon frère pour le contrôle blague et certains titres, ma mère pour la relecture attentive des fautes et mon père pour les plus belles photos
- un budget consacré à l'alimentation en très forte hausse (et on ne peut pas accuser l'inflation en ce moment !)
- la découverte de la partie "technique" d'un blog (le moins que l'on puisse dire, c'est que je ne suis pas geek...)
- des entretiens avec des professionnels passionnés et passionnants
- des plats souvent mangés ... pas brûlants (bah oui, faire des photos prend du temps !)
- des heures tardives à rédiger des billets (le pourcentage de billets écrits en soirée/nuit est écrasant !)
- des Une de Libéfood (que celui qui n'a jamais fait une copie d'écran de sa première Une me jette la première pierre ;-))
- des lecteurs inattendus (la voisine de ma grand-mère qui se reconnaitra ici !)
- des propositions de partenariats plus ou moins loufoques (mais toujours refusées, Mlle Moutarde garde son indépendance na !)
- un peu plus de 20 000 visiteurs en un an (ce n'est peut-être qu'un détail pour vous mais pour moi ça voulait dire beaucoup)
- une pile de magazines culinaires en attente de tri plus haute que certains gratte-ciels
- et, aussi incroyable que cela puisse paraitre, un travail très prenant mais passionnant !

Alors merci, merci à Audrey qui m'a poussée à me lancer, merci à la team mermaids pour son soutien quotidien, merci à tous ceux, amis, famille ou blogueurs, que j'embarque dans mes tests et surtout, merci à vous qui me lisez si régulièrement !

Bon alors, on se dit rendez-vous dans 10 ans ? ;-)

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14 septembre 2012

Les nouveautés de la rentrée à ne pas manquer !

Petite pluie fine ... Présentations des collections de Noël ... Températures en baisse ... File d'attente de dingue aux caisses le soir ... Tarte aux figues et non aux abricots : pas de doute, septembre est bien là ! Mais automne ne rimera pas avec monotone mes petits loulous ! En effet, qui dit rentrée dit nouveautés et donc multitude de choses à tester ! Voici donc, résumé en un billet, non pas la valse des feuilles d'automne mais la valse en 3 temps de tout ce qui nous attend.

Pas de valse temps 1 : les nouveaux restaurants à aller tester demain

atelier vivandaBon, je m'excuse d'avance pour les lecteurs non parisiens mais ce paragraphe est plutôt parisiano-centré (on ne peut pas être toujours dijon-centré ! ;-)). En effet, beaucoup de chefs ont profité de la torpeur de l'été pour peaufiner leur nouveau bébé et ouvrent donc maintenant leur restaurant pour que guides gastronomiques et gourmets avertis puissent déguster avec le palais frais et reposé ! Les ouvertures sont nombreuses en ces mois de septembre-octobre mais voici les 4 à surveiller d'un peu plus près ...
- La Dame de Pic (Anne-Sophie Pic) : honneur aux dames ! La seule femme chef triplement étoilée en France arrive à Paris (sans pour autant délaisser son siège à Valence) et est bien décidée à conquérir la capitale avec ce restaurant, plus gastronomique que bistronomique. Pour l'instant peu de choses ont filtré (on annonce un décor sobre à base de matières nobles et modernes - métal et cuir) mais l'ouverture ce lundi (17 septembre) devrait lever le voile ...
- Ma cocotte (Philippe Starck) : Changement complet de style avec ce nouveau projet de Starck ! Après avoir redécoré certains palaces (cf. le Royal Monceau), il investit à partir d'octobre les puces de Saint Ouen en proposant une cantine "à la bonne franquette" qui mêlera plats canailles et petites ripailles ...
- Guy Martin : Adieu Sensing, buon giorno Italia ! En lieu et place de son restaurant "Sensing", le chef a décidé d'ouvrir une table version trattoria. Au menu ? Les classiques de la gastronomie italienne (n'attendez pas une pizza !) : antipasti, pâtes en primo piano, viande ou poisson et dessert. C'est la Mamma-rtin !
- Atelier Vivanda (Akrame Benallal- photo) : peut-être le moins médiatisé des 4 mais le plus intriguant. Globalement à Paris, il est plus tendance en ce moment d'être carnivore qu'herbivore ... (après la folie burgers, les steack houses par de grandes signatures se multiplient). Akrame Benallal, jeune chef prometteur dont j'avais beaucoup apprécié la cuisine, ouvre, en face de son restaurant étoilé, un autre restaurant où la viande est la vedette (limite ça me donnerait envie de dévorer un steack !)

Pas de valse temps 2 : les chefs et l'industrie en duo heureux

crealtoLes partenariats chef-industrie agrolimentaire ne datent pas d'hier (Joël Robuchon avec Fleury Michon, Marc Veyrat avec Jardin d'Orante, Christophe Michalak avec Danette, ...) et permettent à chacun de trouver son bonheur. Dans cette lignée, voici donc trois collaborations à aller tester :
- Thierry Marx chez ... Sushi shop ! Après Jean-François Piège l'année dernière, c'est au tour de son acolyte dans Top Chef de proposer sa vision des sushis. Quand on connait la nippophilie de Marx, l'association ne peut sembler qu'évidente. Au menu ? Du boeuf Wagyu, du tataki de saumon ou un tartare bar-kiwi sauce yuzu
- Mauro Colagreco chez ... Nespresso ! (photo) La capsule issue du travail commun s'intitule "Crealto" et se présente, en toute simplicité, comme "la première édition limitée Nespresso inspirée par la haute gastronomie". Je n'ai pas encore pu tester mais son originalité (toujours dixit le marketing de Nespresso) réside dans sa torréfaction lente inspirée de la technique de la cuisson lente en cuisine. Je vais essayer quant à moi d'être un peu plus rapide pour aller l'acheter !
- Joël Robuchon chez ... Ariake (vous ai-je déjà raconté comment "bon appétit bien sûr" est un programme culte de ma jeunesse avec sa petite blague qui tue à la fin ?). Bon ok, vous allez me dire que la collaboration n'est pas nouvelle. Oui mais ... elle s'accroit ! Proposant au départ une gamme restreinte de 3 bouillons, la marque commercialise désormais non seulement des bouillons mais aussi des jus et des soupes miso dont notamment une nouvelle soupe miso aux crustacés. ...

Pas de valse temps 3 : les nouveautés des IAA (= industries agroalimentaires, mais pour la rime, ça ne marchait pas ! ;-))

heinz   ducros   dulcey

Là c'est facile, il suffit de se promener dans les allées du supermarché et de remplir son panier !
- Le ketchup Heinz au vinaigre balsamique ou comment faire du neuf avec du vieux ! En gros, on garde la même recette mais on "upgrade" légèrement la qualité des ingrédients - vinaigre balsamique et sucre cassonade - pour proposer un positionnement plus premium (avec, of course, le prix qui va avec !)
- Les papillottes au four. L'année dernière Maggi a lancé une petite révolution avec ses sachets qui permettent de cuire au four rapidement et de manière savoureuse gros poulet ou petits filets de poisson sans ajout de matières grasses. Visiblement le créneau semble porteur car, après une extension de gamme chez Maggi, c'est au tour de Ducros de s'engager sur le marché avec sa gamme "Cuisson fondante" qui propose le même principe : un sac "papillotte", un sachet d'épices, quelques minutes au four et hop ! le tour est joué (personnellement je n'ai pas encore testé ...)
- Enfin, last but not least, une petite révolution dans l'univers du chocolat proposée par un des maitres en la matière ... Valrhona ! Vous connaissiez le chocolat blanc, le chocolat au lait et le chocolat noir ? Eh bien vous goûterez maintenant le chocolat blond ! La petite histoire (très marketée là encore!) raconte que Frédéric Bau, le chef- pâtissier de chez Valrhona, aurait oublié du chocolat blanc dans un bain-marie et que l'ensemble aurait caramélisé donnant un chocolat ... blond (et non pas roux !). Pour les impressions gustatives, je vous laisse lire ce billet qui résume très bien le tout !

Si après tout ça il vous reste encore une petite faim, vous pourrez profiter toute la semaine prochaine de l'opération "Tous au restaurant" qui permet de venir à deux et de ne payer qu'un repas.

Et pour finir, le dicton du jour "A la Sainte Croix, cueille tes pommes et gaule tes noix": vous savez donc ce qu'il vous reste à faire ce week-end ! :-)

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13 août 2012

Sachertorte : ils veulent tous leur part du gâteau

Si vous avez bien lu mon billet de lundi dernier sur les bonnes adresses de Vienne (je vous rassure, il n'y a pas encore d'interro à la fin ! :-)), vous avez du remarquer que je ne mentionnais aucune bonne adresse de pâtisserie et que je ne parlais d'aucun gâteau ...
Niveau de gravité, on peut considérer que c'est comme parler de l'Espagne sans parler de la paëlla ou parler de l'Italie sans parler des pâtes et de la pizza ! Je vous rassure, pas d'oubli (c'est pas parce que c'est les vacances que je n'a plus de neurone !) mais au contraire la volonté d'y consacrer un billet entier. En effet, le moins que l'on puisse dire, c'est que les Viennois sont de vrais becs sucrés (le mot "viennoiserie" à votre avis ça vient d'où mes petits loulous ?) et que le "Kaffee-Kuchen" occupe une place centrale dans la vie sociale et gustative des Autrichiens. Evidemment, je pourrais vous parler de l'Apfelstrudel, du Gugelhopf, de la Esterhazy-Torte (dont le nom doit rappeler de vieux souvenirs à tous ceux qui ont regardé Sissi étant petits !), du Kaiserschmarnn, ... Mais s'il ne faut en retenir qu'une, ambassadrice de l'Autriche partout dans le monde, c'est elle : la Sachertorte !

Je ne vais pas revenir sur l'histoire de la Sachertorte que vous pouvez trouver un peu partout sur le web (1832 ... pour l'empereur ... le jeune pâtissier Franz Sacher ... de l'abricot et du chocolat ...) mais plutôt vous parler un peu de la véritable bataille économique et marketing qui se joue autour de cette douceur (bon, je vous rassure, à la fin vous aurez quand même le droit à la dégustation ! ;-))

Sacher vs. Demel : le combat des chefs (pâtissiers !)

Sous son apparente douceur, la Sachertorte cache une guerre de tranchée qui a divisé Vienne pendant de longues années pour savoir qui aurait le droit de revendiquer "fabriquer la Sachertorte originale" (et reléguer ainsi toutes les autres variantes au rang de pâles copies ...).
Au coeur de cette dispute, deux adresses phares de la scène viennoise : Sacher d'une part, et KuK Demel d'autre part (non, il ne manque pas de "u" à KuK ! Il s'agit de l'acronyme de l'expression "Kaiserlich und Königlich", qui indique que Demel était fournisseur de la cour impériale d'Autriche).
Pour faire simple, Sacher revendiquait la Sacherorte originale grâce à sa parenté avec l'inventeur de celle-ci tandis que Demel prétendait avoir acheté à Edouard Sacher (fils du créateur de ladite Torte) non seulement la recette originale mais aussi le droit qui l'autorisait à vendre ses Sachertorte comme authenthiques. Au bout d'une guerre juridique de 7 ans (ah oui, quand même !), la cour suprême autrichienne a tranché : seul Sacher a le droit d'apposer le mot "originale" sur sa Sachertorte.

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Alors, juste une différence de nom ? Que nenni mes petits ! Entre la "Originale " et, du coup, la "pas Originale", il y a aussi une petite subtilité de fabrication (bon, je vous rassure, vous ne risquez quand même pas de vous retrouver avec une tarte aux fraises quand vous commandez une Sachertorte !). Vous aurez, quoi qu'il arrive, un gâteau au chocolat avec de la confiture d'abricot et un glaçage mais la petite subtilité réside dans le placement de la confiture d'abricot : chez Sacher, elle se trouve AU CENTRE du gâteau (photo de gauche) alors que chez Demel, elle est située uniquement SOUS le glaçage (photo de droite). Ce n'est peut-être qu'un détail pour vous mais pour moi ça veut dire beaucoup ! :-) (en tout cas, forcément, ça modifie légèrement le goût).

Sachertorte : nom propre ou nom commun ?

Là où ça devient intéressant, c'est que le nom Sachertorte est désormais devenu un nom commun et que tous les commerçants font désormais des "Sachertorte". A l'image de la tarte Tatin, Sacher a non seulement légué sa recette mais aussi son nom à ses concurrents ... Pour faire un parallèle mode (on a les références qu'on a !), c'est comme si on pouvait acheter un "sac Chanel" chez Dior, H&M ou au rayon vêtement du supermarché !
Le risque pour la "Originale" de chez Sacher ? Ne pas arriver à sortir du lot et faire valoir la primeur de sa recette (d'où grosse perte de chiffre d'affaires ...). Sauf que chez Sacher, on ne rigole pas avec ça ! Tout le marketing est donc axé sur une ligne simple : rappeler qu'on est les premiers et créer des signes pour se différencier ! Alors mes petits loulous, à quoi reconnait-on la vraie Sachertorte dans la foule de ses imitations ? La réponse en 6 points !

DSCN08971) L'emballage cadeau avec un motif Biedermeier (c'est à dire un motif bourgeois, en référence au style de peinture)
2) La mention "Hôtel Sacher" sur le couvercle de la boîte en bois
3) La mention "Original" à l'intérieur de la boîte
4) les 4 coins en fer doré autour de la boîte
5) l'illustration de l'Hôtel Sacher (à l'intérieur de la boîte)
6) et enfin, une pastille de chocolat marquée "Hôtel Sacher Wien" sur le gâteau.
Avec tout ça, vous ne pourrez plus dire que vous ne savez pas si vous avez mangé une originale ou pas ! :-)
Cerise sur le gâteau (ou plutôt abricot sur le gâteau !), dans le Sachermagazin distribué gracieusement dans la boutique et le salon de thé, on a même le droit au nom de l'avocat chargé de la protection du nom de marque ! (Me Lothar Wiltschek pour ceux que ça intéresse ...).

Dégustation

Bon, trève de bavardage, on passe aux choses sérieuses, la dégustation au Café Sacher !
Alors ? Eh bien on a ici un bel exemple d'un produit qui réussit le délicat équilibre entre artisanat et augmentation des volumes. En effet, étant donné que Sacher produit quand même 360 000 Sachertorte par an (oui, ça calme !) on se doute bien que ce ne sont pas les actuels propriétaires de la marque qui font les tartes avec leurs petites mimines à l'arrière de la boutique !

DSCN1874Néanmoins, la Sachertorte est parfaite et, malgré son aspect un peu "imposant", fine et agréable à manger. En effet, le biscuit chocolat est extrêmement moelleux et le glaçage, dense et onctueux, apporte toute la force chocolatée que l'on attend d'un tel gâteau (et permet aussi de le conserver plus longuement). Quant à la couche de confiture d'abricot, bien acidulée et peu sucrée (pour contrebalancer le sucre du chocolat), elle permet au palais de ne pas saturer de sucre mais au contraire d'y retourner ! Petit détail pas anecdotique : la Schlagobers (la crème fouettée sur le côté). Je déteste habituellement tout ce qui ressemble de près ou de loin à la crème Chantilly (souvenir d'un Noël passé au lit ...) mais il faut reconnaitre que là, non seulement elle est très bonne (encore heureux !) mais surtout, elle joue un vrai rôle dans la strucure de goût en apportant une texture mousseuse (qui contraste avec la tarte) et une douce saveur lactée (qui complète la puissance du chocolat et de l'abricot).
Au final, un jeu de textures (moelleux, mousseux, onctueux, ...) et de saveurs (force du chocolat, acidulé de l'abricot, lacté de la crème) qui fait qu'on n'en a pas laissé une miette ! (Alors que je ne suis normalement pas très fan - voire pas amatrice du tout - de l'association fruit et chocolat ...)

Et chez nous ?

Rassurez-vous mes petits loulous, je n'ai pas fait tout ce billet pour vous faire saliver dans le vide ! Vous n'avez néanmoins pas prévu d'aller à Vienne dans les mois à venir ? Eh bien, si vous n'allez pas à la Sachertorte, la Sachertorte viendra à vous !
En effet, comme je vous l'ai rapidement expliqué précédement, le glaçage "protège" en quelque sorte les saveurs et textures du gâteau et lui permet donc de se conserver jusqu'à 15 jours avec toutes ses qualités organoleptiques ! Profitant de cette opportunité (c'est sûr qu'avec un croissant ou un mille-feuille c'est plus compliqué !), Sacher a développé une boutique en ligne où vous pouvez donc commander une Sachertorte, vous faire livrer en quelques jours et déguster ainsi ce concentré de Vienne chez vous !

Le détail qui tue

DSCN1946A l'aéroport, on trouve même le sac isotherme aux dimensions exactes de la boite de la Sachertorte ! ;-)

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06 août 2012

Vienne : un goût de reviens-y !

Grüss gott ! (avec le "r" bien roulé à la bourguignonne pour être dans le ton s'il vous plait !)

Vous l'aurez compris, ce billet est le premier d'une trilogie consacrée à .... Vienne ! (en Autriche, pas en Isère, on ne sait jamais je préfère préciser !). Avant de vous parler Sachertorte ou exploration de supermarché (encore très fructueuse !), on va commencer par la base : les bonnes adresses de Vienne.

En effet, si pour vous, la nourriture viennoise rime avec schnitzel, goulash et kaiserschmarrn (vous en trouverez ici une description détaillée), vous n'avez ni tout à fait raison ni tout à fait tort ...

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En effet, au-delà d'une première impression assez lourde et "brute de décoffrage", la cuisine viennoise, si on creuse un peu, est aussi une cuisine qui résulte de différentes influences et propose aussi de vrais bons moments pour "Feinschmecker" (gastronome en français dans le texte !).

Voici donc, si vous vous rendez là-bas, quelques bons plans à goûter absolument !

Cas n°1 : Vous courez la ville, vous avez faim, peu d'argent pour manger (bah oui, il ne fallait pas craquer sur tous les gadgets Sissi !) et surtout vous faites une overdose de saucisses et schnitzels
La bonne adresse : Trzesniewsky
Pourquoi ? Je vous rassure, l'offre est aussi simple et bonne que le nom est impossible à prononcer ! (leur slogan est d'ailleurs : "les canapés imprononçablement bons"). Véritable institution de la ville, cette petite boutique propose depuis plus de 100 ans des petits canapés variés (de la taille de la paume d'une main) pour 2-3 euros. Vous pouvez donc combiner selon vos souhaits tartine nordique au hareng, oignon et saumon fumé; tartine plus méridionale à la concassée de tomate et fromage frais et bien d'autres !

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Cas n° 2: Vous avez décidé de goûter TOUTES les spécialités viennoises et souhaité donc goûter un Tafelspitz mais dans les règles de l'art s'il vous plait !
La bonne adresse : Plachutta
Pourquoi ? Parce que chez Plachutta, le Tafelspitz est roi ! Véritable institution de la ville où se cotoient habitués, touristes et VIP, Plachutta propose en effet une déclinaison de Tafelspitz servis dans les règles de l'art. Bon, je sens que vous commencez sérieusement à vous demander ce que c'est que ce Tafelspitz ... Le Tafelspitz, pour répondre à vos interrogations, est au départ, un peu l'équivalent de notre pot-au-feu, devenu un plat très codifié au 19ème sous l'impulsion de François-Joseph (le mari de Sissi pour les midinettes !). Vous comprenez donc, que pour ne pas avoir un simple plat de viande bouillie, il faut en manger un bon ! Chez Plachutta, d'abord vous avez le choix de votre viande (à l'origine le Tafelspitz est à base d'alloyau. Nous avons pris pour tester un à l'alloyau, un à la culotte de boeuf et un à la langue). Quel que soit le morceau choisi, on vous sert l'ensemble dans une panoplie de casseroles en cuivre : chaque morceau de viande dans une casserole avec bouillon et os à moelle, épinards dans une autre, légumes racines façon rösti dans une troisième, sauce à la ciboulette et raifort aux pommes (très bizare, un peu doux et écoeurant !) dans deux saucières séparées. Le bouillon est excellent, la viande est moelleuse et pas du tout caoutchouteuse, les accompagnements parfaits : on se régale !

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Cas n°3 : Vous êtes amateur d'art et souhaitez vous régaler autant les papilles que les pupilles
La bonne adresse : le brunch dominical du Kunsthistorisches Museum
Pourquoi ? Inconcevable en France, on brunche dans l'équivalent du Louvre, en alternant, comme bon nous semble, visite (digestive) du musée et plats préparés par un des meilleurs traiteurs de la ville. Tout simplement exceptionnel ! Le cadre (sous la spectaculaire coupole du musée), les oeuvres (Arcimboldo, Bruegel, Van Eyck ou Velasquez à gogo) et le buffet (antipasti italiens, gambas poêlées, viandes rôties, risotto, assortiment de salades avec un choix incroyable d'huiles différentes, fromages autrichiens et petites confitures, fruits frais, glaces, gâteaux, ...), valses viennoises en musique de fond. Honnêtement, cela vaut le coup de réserver à l'avance (le brunch est très prisé) pour avoir l'impression de revenir au temps de la cour impériale !

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Cas n°4 : Vous subissez de plein fouet le climat continental et la chaleur écrasante (c'est sûr qu'à Paris on n'est plus trop habitué à passer les 30° !) et vous n'avez qu'une envie : manger glacé !!
La bonne adresse : Eissalon am Tuchlauben
Pourquoi ? Parce qu'à défaut de proposer les meilleures glaces du monde, l'enseigne propose des glaces très bonnes et goûtues, avec des parfums classiques (pistache, noix de coco, amarena, noisettes, cookies, café) mais aussi des parfums plus originaux (figue-fromage blanc, cranberry, orange sanguine, citron vert, noix, mousse au chocolat et même de la glace de cornouilles !). En plus, les prix sont vraiment modestes : cornet 4 grosses boules (minimum vital pour Mlle Moutarde !) pour seulement 3.20 €.

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Cas n°5 : Vous êtes nostalgique de la France et ne souhaitez qu'une chose : du fromage, du vrai (et pas du Südtyroler Käse délactosé ! ;-))
La bonne adresse : Julius Meinl am Graben
Pourquoi ? Julius Meinl est à Vienne, ce que la Grande Epicerie est à Paris : une épicerie haut de gamme qui propose le nec plus ultra des spécialités de chaque pays. Dans un cadre historique, tout de bois sombre et de verre vêtu, vous pourrez donc acheter, entre autres, le meilleur des spécialités italiennes, espagnoles, françaises, allemandes, hongroises, anglaises ou suisses. Petit détail non négligeable, le restaurant "Julius Meinl", rattaché au magasin, compte parmi les 5 meilleurs d'Autriche. Bon évidemment, les prix sont un peu plus élevés que chez Trzesniewsky (et hop ! je l'ai écrit une deuxième fois sans faute !)

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Cas n°6 : Vous voulez ramener des petits souvenirs mais vous n'êtes pas sûr que le diadème en plastique ou les Kleenex Klimt suscitent l'adhésion
La bonne adresse : Haas&Haas
Pourquoi ? Parce qu'ici, c'est la caverne d'Ali Baba de n'importe quelle foodista qui se respecte ! Que des produits 100% autrichiens, une large gamme (huiles, moutardes, sels et sucres, jus, sirops, oléagineux, ...) et de nombreuses choses introuvables en France. Là, je crois que, si je n'avais pas eu la considération bassement matériel du poids des bagages et du transport, j'aurais pu acheter la boutique ! Vous y trouverez entre autres du sirop de baies de sureau, de la moutarde miel-tomates, de l'huile de cumin noir, du sel à l'ail des ours, des amandons d'abricot torréfiés au piment, du pesto de pissenlit, du vinaigre de pomme et de sureau, ...

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Et pour finir, une petite devinette : savez-vous combien de Wiener Schnitzel ont été consommés depuis le 1er janvier à Vienne ? 12 592 743 ! ça laisse songeur ...

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NDLR : merci à M. Black Food qui, grâce à son oeil de photographe et à son super appareil, améliore nettement la qualité des photos des billets sur Vienne !

Posté par camille syren à 09:28 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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