08 novembre 2016

Palmarès des prix Myselfing

La remise des prix Fooding a eu lieu hier, dans tout ce que la foodosphère parisienne fait de plus bobo, hype et branché. La coolitude absolue quoi. Soit.

Mais, avec tout le respect que je dois au Fooding (même si je n’ai trop aimé quand ils ont attaqué mon Picard chéri), manquent quand même au palmarès certains prix incontournables à mon palais et à mon estomac.

Voici donc, Ladies and Gentlemen, pour compléter les prix Fooding, les prix Myselfing (qui n’engagent que moi et moi-même).

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Prix homard et crevettes

Vous connaissez ma très légère passion pour le homard (peut-être un peu moins celle pour les crevettes) et j’essaie donc de multiplier les occasions d’en manger. Cette année le prix Homard et Crevettes revient donc sans l’ombre d’une hésitation à la salade césar au homard de chez Meert à Lille. Mes deux délices réunis dans une seule assiette, autant vous avouer que je n’ai jamais pris un autre plat chez eux et qu’ils devraient même la renommer Salade Mlle Moutarde pour la peine.

Prix tomate

Ayant quand même, soyons honnête, une légère tendance à être monomaniaque, il y a un certain nombre de légumes ou d’aliments que je pourrais manger je pense à peu près tous les jours sans me lasser (comme les tomates !). A l’extérieur, le chou-fleur grillé de chez Miznon, rôti presque brûlé, fondant et avec ses pointes de gros sel qui font saliver et à manger – plaisir ultime – à moitié avec les doigts, remporte donc le prix tomate.

Prix « Coucou les végétariens »

Oui, la tendance est à la valorisation du végétal, au buddha bowl et autre avocado toast. Mais des fois, rien ne remplace la viande (vous imaginez un bœuf bourguignon sans bœuf ni lardon ??). Le prix est donc attribué à l’unanimité de moi-même à une découverte de l’année (due à une passagère migration nordique) le Potjevleesch, savoureux mélange de 4 viandes blanches (porc, poulet, lapin et veau) cuites dans un savoureux bouillon et servi en terrine. Les végétariens peuvent toujours manger les frites, accompagnement incontournable de ce plat du Ch’nord.

Prix « Il n’y a que les cons qui ne changent pas d’avis »

Attribué sans hésitation au Petit Cambodge. Je reconnais qu’avant, quand on me parlait de bo-bun, c’était un peu trop bordélique et avec trop de choses dedans pour me faire envie. Après avoir goûté, je dois reconnaître qu’il se peut que je me sois légèrement trompée sur le sujet voire carrément plantée. En effet, dans un bol, c’est une véritable explosion de saveurs entre le cru et le cuit, le végétal et l’animal, la fraîcheur des herbes et la gourmandise des cacahuètes. (Par contre je ne change pas d’avis sur la patate qui n’a globalement dans la vie strictement aucun intérêt)

Prix Dijon forever

Dans la vie, il y a Dijon et le reste. Beaucoup de mets pourraient prétendre à ce prix mais il revient cette année sans hésiter à l’incroyable repas du restaurant William Frachot dégusté l’année dernière. Le plein d’enfance et de souvenirs à chaque bouchée.

Prix du sésame noir

Prix un peu pointu mais qui tend à se développer. Le sésame noir c’est un peu la noisette asiatique : une rondeur boisée un peu brute à déguster en toute gourmandise. Joie pour moi qui adore ça, le sésame noir arrive de plus en plus à Paris (on attendra encore un peu je pense pour le reste de la France). La Boulangerie Utopie et son éclair au sésame noir remportent ce prix. Un vrai goût de sésame noir pas édulcoré (tendance malheureusement récurrente sinon pour ne pas effrayer par le goût un peu brut) et une couleur grisâtre qui moi me fait franchement saliver par les saveurs qu’elle promet.

Prix d’amour bobo

On voudrait les snober, on a beau essayer les nouvelles alternatives, on râle à chaque fois qu’il faut attendre pour avoir une table mais on y revient toujours. Parce que c’est bon tout simplement. Donc oui Bigmamma, toi, ta stracciatella et tes pizzas, vous n’avez pas fini de me voir, à l’est, à l’ouest ou même à Dijon si tu veux.

Prix Passard & Moi

Remis sans trop de suspense à Alain Passard. Vous l’ignorez sans doute mais Alain Passard et moi on a, sans le savoir, une longue histoire. Un diner en quasi-tête à Shanghai, un restaurant ouvert en 1986 (sublime année qui correspond - ô coïncidence- à mon année de naissance) et implanté à l’angle de la Rue de Bourgogne. A ce niveau de connexion-là, Alain, ce n’est plus le hasard, c’est le destin.

Prix « Les étrangers savent aussi faire à manger ».

Même si la cuisine française, de plus en plus challengée, s’enorgueillit d’être la meilleure du monde, on peut aussi déguster à droite ou à gauche des trucs pas dégueus voire très bons. J’aurais pu choisir un plat typique d’un des pays visités mais c’est finalement la salade césar dégustée à Amsterdam qui remporte la palme. Avec un benchmark de plus en plus large (le palmarès parisien d’il y a quelques temps ici), il faut reconnaitre que cette salade remplit quasiment tous les critères de la César parfaite. Donc oui, même les étrangers savent faire à manger.

Prix « J’ai des goûts simples »

Dans la vraie vie, je mange plutôt simplement même si j’assume une tendance naturelle à avoir des goûts de luxe – ces derniers ne rimant d’ailleurs pas forcément avec cuillère en or et diner 15*. Ainsi, une « simple » grappe de tomates peut faire mon bonheur. Surtout s’il s’agit d’une grappe de petites tomates du Vésuve à qui le micro-climat spécifique à la région donne un goût très intense même en septembre-octobre. Très rares à trouver en France (ici chez Rap Epicerie), je voulais en tant qu’amatrice de tomates les goûter depuis un moment. Oui, je suis snob.

Mot de la faim

1000 autres catégories auraient pu faire l’objet de ce palmarès très personnel.
Je laisse néanmoins le mot de la faim à l’As des As (je vous rassure, il va très bien même s’il regrette un peu d’apparaitre moins souvent) qui, en réaction au vrai prix de la meilleure saucisse-purée remis par le Fooding, l’a octroyé pour sa part à Herta et Mousseline.
Tellement over, tellement hipster.

Posté par camille syren à 14:44 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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27 novembre 2012

Abri : il était une fois ... un sandwich magique

Vous ne croyez plus aux contes de fées ? Ceux où la princesse toute triste embrasse un crapaud qui se transforme en prince ? Vous avez bien raison, ça vous évitera d'embrasser désespérément tous les crapauds que vous croisez (d'un autre côté, il faut reconnaitre que c’est plutôt rare d’en croiser de nos jours !).

Par contre, moi je vais vous raconter un vrai conte de fée, celui où la princesse (oui oui, entre temps j'ai été anoblie :-)) croque un sandwich qui, au départ, n'a l'air ni beau ni bon et qui, dès la première bouchée, se transforme en pur délice gustatif ! (NDLA : l'auteur présente toutes ses excuses à l'As des As, intégralement présent initialement dans cette histoire mais qui, pour les besoins de la narration, s'est presque entièrement fait skizzer ! :-))

Donc, il était une fois une princesse, qui vivait dans un royaume où la gastronomie était bien établie. Malgré les richesses culinaires de ses contrées, elle était toujours en quête de nouveautés à goûter. Un jour, alors qu’elle cherchait ce qui pourrait égayer sa journée, elle entendit parler d'un petit restaurant à l'allure improbable mais aux plats détonants : Abri. La princesse, soudain captivée, se précipita sur son clavier (c’est une princesse 2.0 !), tapa la formule magique qui lui révèlerait tous les secrets de ce restaurant, et s’aperçut que d’autres fins gourmets étaient déjà partis à la découverte de cet endroit qui l’intriguait tant (ici, ou encore ).

La princesse se mit alors en quête d’informations supplémentaires sur ce petit Abri et découvrit, qu'en plus de proposer des repas gastronomiques le soir et certains déjeuners, les chefs, originaires du royaume nippon, préparaient également le lundi et le samedi midi (uniquement !) un sandwich apparemment unique. Il n’en fallut pas plus à la princesse pour que sa curiosité soit définitivement aiguisée par ce sandwich, que beaucoup décrivaient comme un joyau.

Un beau jour, elle se décida à enfourcher son destrier (la ligne 7…) pour partir à la découverte de cette promesse gustative. Après de nombreuses minutes d’errance dans la forêt urbaine, la princesse parvint enfin à trouver l’endroit, situé au 92 rue du Faubourg Poissonnière. Le choc fut rude. Point de château fort en vue, juste une micro devanture, sans enseigne et très anodine, qui n’aurait pas retenu l’attention de la princesse si celle-ci n’avait pas été en quête de ce lieu. L’ensemble semblait très étroit. La princesse pensa en souriant qu’un tel endroit aurait été parfait pour son ami le Petit Poucet.

La princesse poussa finalement la porte du restaurant, et sa première impression se renforça. Même Blanche Neige et ses amis nains auraient trouvé l’espace bien petit ! Les réservations étant impossibles le samedi (même pour une princesse !), son cœur s’accéléra quand elle vit que de nombreuses places étaient déjà prises. Heureusement son instinct de princesse (que certains appelleraient stress pathologique !) l’avait conduit à se rendre en avance dans le petit restaurant. Et bien lui en prit ! Le restaurant qui ouvrait officiellement à 12h30, affichait déjà complet à 12h20… Le banquet pouvait commencer !

La princesse passa donc commande du fameux sandwich. Il ne lui restait alors plus qu’à déguster, tâche bien plus compliquée qu’il n’y paraissait …

WP_000247Malgré sa curiosité et tout le bien qu’elle en avait entendu, la princesse avait quand même de sérieux doutes. Car ce sandwich, célébré par tant de gens du royaume, avait toutefois une composition plus qu’étrange. Entre deux tranches de pain de mie, on trouvait une improbable accumulation de compotée de chou sucrée-salée (type coleslaw), une omelette aux herbes, une tranche de Tonkatsu (porc pané japonais), du fromage fondant et une sauce mystère (la potion magique des temps modernes !).

La princesse se força à oublier qu’elle n’aimait ni le Tonkatsu, ni le sucré-salé, ni les préparations similaires au coleslaw qui débordent de mayo. « Le sandwich a plus l'allure d'un crapaud que d'un cygne ! » confia-t-elle néanmoins au Duc l’As des As (oui, ok, il apparait un peu comme un cheveu sur la soupe !). Celui-ci lui rappela cependant que vu son tempérament, la princesse était plus du genre Rebelle que Belle au Bois-Dormant et que ce n’était pas un nouveau défi qui allait l’effrayer. Les sandwiches arrivèrent finalement et, avec ce sens du sacrifice qui fait son charme, la princesse goûta bravement ce méga-sandwich.

Et là ... la magie opéra, l'alchimie se créa, le sandwich-crapaud se transforma en sandwich-charmant ! En effet, l'ensemble n'était ni gras, ni sucré mais se révélait en fait être un formidable jeu de textures et de saveurs : le chou très croquant et moutardé, la fraicheur de l'omelette aux herbes, le croustillant du pain de mie toasté et du Tonkatsu, la rondeur apaisante du fromage et cette fameuse sauce (presque sirupeuse, avec une pincée de cannelle ?) Le sandwich était formidablement cohérent et se révéla aussi bon que l’As des As est charmant ! (NDLA : cette phrase a été écrite par l’As des As car on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même !)

La princesse se régala, le sandwich fut dévoré et le restaurant fut même couronné du prix du fooding. Alors, à défaut d’une fin en "ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants", le conte se finit en « ils se marrèrent et croquèrent la vie (et les sandwichs !) à pleines dents ! »

PS : comme dans tous les contes, la princesse fut aidée d’une bonne fée pour co-rédiger ce billet. Merci donc à l’As des As pour cette écriture en ping-pong et son talent qui n’a d’égal que son charme ! ;-)

Posté par camille syren à 09:42 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
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17 novembre 2011

Mange ta soupe !

Que celui qui n’a jamais entendu cette phrase dans son enfance lève sa cuillère !

Certes, il y a quelques années encore, la soupe était considérée comme un peu « vieillotte » et la catégorie en GMS ne faisait pas preuve de beaucoup d’inventivité … Mais ce temps-là est révolu et un véritable tourbillon souffle sur notre traditionnelle et consensuelle brick de velouté 9 légumes ! Car oui mesdames et messieurs je vous le dis, la soupe est devenue trendy !

soupe warholComment ? Comme souvent dans l’industrie agroalimentaire, sous l’influence des chefs de la gastronomie et par l’arrivée de marques étrangères.

Premièrement : les chefs.
Sans parler de la cultissime soupe VGE de Bocuse, de nombreux chefs se sont attachés à revisiter le potage et à en faire une entrée digne d’un restaurant étoilé. Soit en utilisant des ingrédients de luxe (des toppings de caviar, homard ou truffe) soit en intégrant des saveurs anciennes ou d’ailleurs (combawa, panais, …). Roland Durand, chef du restaurant Le Passiflore, propose notamment un "bouillon de châtaigne grillée à la réglisse". La manifestation « Amoureusement Soupe » organisée le 5 novembre à Montmartre ou la soupe de potiron servie en entrée des repas Fooding organisés ce week-end pour le lancement de leur guide 2012 sont autant de preuves, s'il en est besoin, de ce retour en grâce de la soupe.

Deuxièmement : les marques étrangères.
En effet, des groupes tels que Covent Garden ou Green Shot avec leurs packagings insolites et leurs parfums originaux (petits-pois, ricotta et basilic ou carotte-coriandre) ont su dynamiser la catégorie et ont réussi à convaincre le consommateur que non, la soupe ce n’était pas qu’un truc de mamie mais c’était aussi un truc trendy.

Pourquoi ça marche ?

Parce que, comme toujours dans les périodes d’instabilité économique, les consommateurs cherchent à revenir à des valeurs sûres, à se rassurer. Et quoi de plus rassurant qu'une soupe comme qu'on était enfant ? Conjugué au fait que la soupe peut (souvent) être le centre d’un repas rapide et équilibré pour toute la famille le soir (préoccupation non négligeable pour les actifs !) et que le rayon s’est considérablement diversifié pour correspondre aux goûts de chacun, c’était le succès assuré !

Concrètement, que trouve-t-on maintenant dans nos rayons ?

soupe covent gardenAvec un positionnement premium, on trouve toutes les soupes vendues au rayon frais : les historiques Covent Garden ou Green Shot ou la plus récente Ferme d’Anchin. On peut noter que toutes ces soupes sont vendues soient en cup (pour une consommation individuelle le midi) soit en brique refermable (pour une consommation à plusieurs ou individuelle mais sans le problème de fermeture des bricks !). Toujours sur un positionnement haut-de-gamme, on trouve aussi les soupes déshydratées Ariaké par Joël Robuchon ou les soupes Jardin d’Orante par Marc Veyrat.
Sur un positionnement qualitatif mais en restauration hors-domicile aussi la soupe est dans l'air du temps ! On peut aussi citer tous les bars à jus, qui proposent aussi des soupes froides l'été et chaudes l'hiver, ainsi que l'enseigne Giraudet qui, en plus de proposer un bar à quenelles, offre des soupes avec des parfums recherchés.


Sur un positionnement plus grand public, les traditionnels poids lourds du marché (Knorr et Liebig) ont su aussi innover et ce, de deux manières différentes. Tout d’abord, en proposant eux aussi des soupes plus qualitatives avec des packs aux couleurs rupturistes (le" crémeux de courge, potimarron et gambas" chez Liebig ou la gamme « Moments gourmets » chez Knorr) puis en améliorant leurs recettes pour satisfaire la quête d’authenticité et de simplicité des consommateurs (la gamme « Secrets de grand-mère » chez Knorr ou la gamme « Recettes Maison » de Liebig qui promet « de bons ingrédients comme à la maison »).

Bien évidemment, pour être dans la tendance, vous pouvez aussi faire votre soupe maison car, il faut bien l’avouer, si on a une casserole et un bon mixeur, c’est très simple et bon marché.

Donc maintenant, vous l’aurez bien compris, fini la soupe à la grimace et place à la soupe top-classe !

Posté par camille syren à 08:59 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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