23 octobre 2016

Pomme d'amour

Je pourrais commencer ce billet en vous disant que je suis une pomme-pomme girl.
Pas de méprise sur le sujet, aucune reconversion professionnelle en cours, mais tout simplement j’adore les pommes.

Au minimum une par jour (qui éloigne le médecin) voire plus, ratiboisée jusqu’au ras des pépins. Bref, à défaut de pouvoir manger du homard et de la truffe tous les jours (vous ai-je déjà dit que j’aimais le homard ?), je mange des pommes.

Classée parmi les fruits préférés des Français, présente toute l’année, pas fragile ni susceptible, consommée depuis l’Antiquité (voire même depuis Eve très exactement), aussi bien curative (le mot « pommade » vient du fruit qui servait initialement de base à la préparation – c’était la minute culture de ce billet) que vénéneuse, la pomme, c’est un peu le bibelot posé sur la cheminée : on la voit tellement que, finalement, on ne la voit plus.

Mais cette rentrée, Mesdames, Messieurs, votre quotidien va changer. La pomme revient en force et vous allez la voir sous un nouveau jour.

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Alors voici une petite revue des nouveautés façon contrôle de commandes Apple pour faire le Job.

 

pomme

+ G : rechercher à nouveau (ou G comme gastronomie)

La tarte aux pommes, ce basique des basiques, l’équivalent de la petite robe noire des desserts, constitue pour les chefs un challenge constant : comment arriver encore à innover visuellement et gustativement sur cette base de pâte + (crème) + pomme ?

La tarte aux pommes bouquet de rose d’Alain Passard a été la première à vraiment marquer les esprits car elle représentait une véritable évolution sur la forme.
Comme dans l’économie de la mode, cette tarte d’abord exclusivement destinée au restaurant 3* du Chef a suivi le cycle habituel de démocratisation. Elle est désormais commercialisée par Brake en France et de nombreux tutos et recettes circulent sur le net pour la reproduire.

Dans la rubrique haute-gastronomie, celle de Cédric Grolet prend désormais la relève. Bijou de maitrise, de précision et de saveurs, elle ne se trouve pour le moment qu’au Meurice. Rendez-vous dans quelques années au supermarché ?

Enfin, plus abordable, le chef Thierry Marx propose dans sa nouvelle boulangerie une tarte « Maître » : base classique de pâte sablée garnie de pommes sautées. L’originalité réside dans la pâte de macaron pochée au-dessus qui amène des saveurs et des sensations nouvelles.

 

 pomme+ C : copier (ou C comme « C’est moi qui l’ai fait »)

Pour changer de la rituelle tarte aux pommes de maman (Maman, si tu m’entends, je n’ai rien contre ta tarte aux pommes et tout particulièrement ta tarte tatin), voici 3 livres sortis cet automne qui pourront vous faire prendre de la hauteur dans la préparation de vos plats et desserts.

Pour changer le quotidien sans prendre trop de temps ni tout révolutionner, Pommes ! Mes meilleures recettes qui, en plus d’être pédagogique sur les différentes variétés de pommes et leurs utilisations respectives propose des recettes aussi bien salées que sucrées pour être happy avec la pomme (NDLA : excuses sincères pour ce très mauvais jeu de mots mais il fallait que je le dise à un moment ou un autre).

Pour les plus téméraires, Christophe Adam sort lui aussi un livre entièrement consacré à la pomme et intitulé on ne peut plus explicitement Pomme. Au menu ? Les grands classiques (Tatin, Apple Pie) avec les astuces du Chef ou d’autres recettes beaucoup plus créatives et audacieuses (glaçon de pomme, gratin dauphinois de pomme).

Enfin, pour ceux qui préfèrent nourrir leur cerveau que leur estomac, Croquer la pomme de Sylvie Brunel, revient sur la symbolique de la pomme à travers les civilisations (de Newton aux Beatles en passant par Blanche-Neige) et les problématiques auxquelles elle est actuellement confrontée (pesticides, quête de variété idéale, …).

 

pomme + N : nouveau (ou comme nouveautés de supermarché)

Pour les enfants, Monoprix distribue depuis la rentrée, dans certains magasins, des fruits, dont des pommes pour participer au bien manger et à l'éducation au goût. Après l’initiative des stickers à coller sur les pink lady, une nouvelle façon de donner aux enfants haut comme trois pommes le goût et le réflexe d’en manger plus.

Pour les moyens et les grands enfants, Saint Mamet a présenté à l’occasion du SIAL une innovation beaucoup plus rupturiste : Ze Compot. Une véritable compote à boire, façon Yop (et non pas gourde comme la pom’pote jugée trop infantilisante) pour toucher une cible ado/adulte et surtout correspondre à la tendance lourde du nomadisme/snacking en termes d’alimentation.

Enfin, pour les grands enfants (et uniquement pour eux !), Skoll a lancé une nouvelle variante de sa bière avec une aromatisation vodka pomme. Histoire de réconcilier Adam et Eve autour d’une pomme d’une bouteille. 

Le mot de la faim

On l'ignore souvent mais la pomme fait partie de la famille des rosacées au même titre que la cerise ou la rose.
Alors à quand le bouquet de pommes en lieu et place du bouquet de roses ? Beaucoup plus tendance et développement durable ! :-)

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22 avril 2013

Mythologies : Osiris, Zeus et ... la blanquette

Savez-vous quelle était la principale activité des hommes des cavernes ? Chercher à manger.
Progrès de la civilisation oblige, la principale préoccupation de l'homme moderne n'est désormais plus de chercher de la nourriture (enfin, sans vouloir dénoncer personne, j'ai l'impression que certains en sont quand même restés à cette tâche primaire ...). En effet, grâce à Auchan, Carrefour, Picard, Monoprix et compagnie, vous avez/nous avons désormais du temps pour faire autre chose qu'aller à la chasse et à la cueillette ! Ô joie ! Et moi, il m'arrive à mes heures perdues (entre deux papotages et une pause de vernis) d'employer mon temps de cerveau disponible à ... lire ! (Papa, si toi aussi tu me lis, tu peux être fier de moi ! ;-))

Rassurez-vous, je ne vais cependant pas transformer mon blog en fiches-lectures ou alors ... ce serait en fiches-lectures gourmandes. Eh oui car, fait suffisamment rare pour être souligné, ce billet est consacré à un livre (un vrai, un sérieux, avec une couverture, une quatrième de couverture, plein de feuilles et même pas un petit dessin pour se distraire).

livre mythologies gourmandesCe livre qui passe aujourd'hui à la casserole s'intitule Mythologies gourmandes. Toute analogie avec les Mythologies de Roland Barthes n'est pas fortuite (notez au passage le vocabulaire ultra-chiadé pour ce billet littéraire !) et l'auteur analyse ici en une quarantaine de mythes les clés symboliques des plats phares de notre alimentation. De A comme Andouillette ou Asperge à T comme Tête de veau ou Tartare de thon en passant par C comme Crudités ou H comme Homard à l'Américaine (vous pensez bien que c'est le premier que j'ai lu !), il y en a pour tous les goûts : bec sucré ou bec salé, plats bistronomiques ou plats gastronomiques.

Je ne vais pas vous dévoiler plus avant le contenu pour vous en préserver la prime saveur (bim, encore un vocabulaire de fou !) et vous éviter ainsi du réchauffé mais sachez que le style du Chef est alerte et l'interprétation toujours fine et bien sentie.

La question finale est donc de déterminer quel type de mangeur vous êtes : un mangeur structuré qui attaque le livre en commençant par les entrées, en poursuivant par les plats et en finissant par les desserts ou un mangeur épicurien qui picore les mythologies au gré de ses envies ?

Quoi qu'il en soit, régalez-vous !

Mythologies gourmandes de Rémy Lucas, PUF, 2012.

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08 février 2013

N'est pas bourguignon qui veut !

Vous ai-je déjà parlé de cette huitième merveille du monde qu'est Dijon ? (j'arrête directement les esprits contrariants - et contrariés !- ce n'est pas du chauvinisme mais un constat objectif :-)).

WP_20130205_001Après de longues années d'observation, de recherche dans des ouvrages de référence et de calculs compliqués, je crois pouvoir dire que je suis un HGM (Humain Génétiquement Modifié) avec un gêne supplémentaire (et quand vous saurez lequel vous serez vert de jalousie !) : le gêne du radar bourguignon. En effet, dès que j'entends, vois ou sens quelque chose étiquetté "Dijon" ou "Bourgogne", je perds toute notion de socialisation ou de politesse et ne peux m'empêcher de me jeter dessus. Tout ça donc pour vous expliquer comme samedi, alors que je cherchais un livre sur les croque-monsieur, j'ai traversé à la vitesse de l'éclair le rayon (comme aimantée par une force invisible !) pour attraper et dévorer un livre intitulé Il n'y a pas que les oeufs en meurette en Bourgogne !.

Et que nous promet ce livre au nom si doux à mes oreilles ? Pas moins que des recettes bourguignonnes classiques et revisitées. En gros, le boeuf bourguignon, la gougère ou le pain d'épices version 1970 et version 2030 ! Le beurre (de vache charolaise of course !) et l'argent du beurre en quelque sorte !

Bon honnêtement, même si cela me fend la coquille d'escargot et m'affadit la moutarde que de le reconnaitre, le livre n'est pas transcendant et les recettes présentées (exceptées peut-être une poignée) ne sont pas révolutionnaires. Et l'As des As, lui aussi un HGM avec le gêne du radar bouguignon, partage cet avis. A moins donc d'être "addict", je ne suis pas sûre que ce livre vous intéresse mais il a au moins le mérite de s'ancrer dans une tendance récurente actuelle : le retour au terroir et au local.

Rassurez-vous, je ne vais pas vous laisser sur votre faim ! 

WP_20130207_001Si vous souhaitez vous imprégner pleinement de ce sublime et rarissime joyau qu'est la culture gastronomique bourguignonne, Mlle Moutarde vous recommande plutôt le livre A table ... chez les bourguignons (Glénat éditions) qui a le mérite de mettre en valeur de manière assez complète les artisans gardiens du savoir-faire et de proposer des recettes classiques (le poulet Gaston Gérard, le jambon persillé au Chablis) ou revisitées (le faux-filet de charolais condiment merguez ou la raviole au cassis) par de grands noms de la cuisine locale (les Billoux père et fils ou David Zuddas pour ne citer qu'eux). Tout ce livre se boit comme du petit lait (ou un petit kir pour faire honneur au Chanoine !).

 

Pour conclure ce billet (dont je pense, dans un éclair de lucidité, qu'il n'aura intéressé que les HGM purs et durs !), un petit proverbe local :
"Il n'est ville sinon Dijon, il n'est moutarde qu'à Dijon". Vous comprendrez que Mlle Moutarde ne peut que s'incliner devant une telle vérité ...

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28 septembre 2012

Kid en veut ?

Avant un billet plutôt alcoolisé (teasing ...teasing ...), on retourne dans les cours de récré !

Bon, rassurez-vous, je ne vais pas me muter en Dolto ou en Rufo (j'ai pas le niveau pour rester dans la rime ! ;-)) mais différents éléments récents conduisent à se poser la question-qui-tue-et-à-laquelle-personne-n'a-jamais-réussi-à-répondre-de-manière-exhaustive : à 7 ans, un enfant, à part des pâtes, du riz, des patates et du jambon, ça mange quoi ? Même si une étude au microscope de ces petits galopins s'imposerait pour de plus amples détails, je peux déjà vous affirmer une chose (à la limite du révolutionnaire !): oui, mesdames, messieurs, il est tout à fait possible d'être un gastronome en culotte courte (non, je ne fais référence à aucune publicité ...) !
Entre injonction gouvernementale au bien-manger et potentiel du marché (est-il nécessaire de rappeler que les enfants, à défaut d'être de gros mangeurs, sont de gros prescripteurs?), toute une offre pour enfants se développe. Qui ? quoi ? comment ? La réponse en 2 temps 3 mouvements !

Version quick

marie enfantsRentrée = parents pressés, l'équation est mathématiquement vérifiée par les plus grands chercheurs de Yale, Harvard et Dijon réunis !
Marie, profite donc de cette période chargée pour lancer une toute nouvelle gamme : les plats cuisinés pour enfants. A l'image des adultes, qui ont "l'immense joie" de pouvoir réchauffer en 3 minutes au micro-ondes une barquette-repas, les enfants pourront eux aussi avoir un repas rapido, a priori adapté à leurs besoins nutritionnels, c'est à dire complet (protéines + féculents + légumes) et équilibré (bonne quantité, teneur modérée en sel et en matières grasses).
Quatre recettes sont prévues pour le lancement : entre parmentier de poulet ou de poisson, boulettes de viande et jambon-purée, on nous promet que les légumes sont "masqués" pour plaire au goût des enfants tout en rencontrant les exigences des parents...
C'est vraiment nouveau ? Oui et non ...(je sais, ne me remerciez pas pour la clarté de ma réponse !). Non car le principe d'une gamme avec portion, équilibre, saveurs et présentation adaptés aux enfants existe déjà (cf. Charal Kids). Oui, car c'est effectivement la première fois que des plats préparés prêts à réchauffer sont proposés à cette tranche d'âge. En gros, ces plats se positionnent comme le trait d'union entre les petits pots et les box Sodebo ! Dans mon immense dévouement (et parce que je suis restée très jeune dans ma tête !), je suis prête à sacrifier mes papilles à la science et aller déguster ces nouveautés dès leur sortie pour voir si ça fait envie !

Version gastronomique

Bon là, le risque, c'est que les parents piquent l'offre réservée aux enfants ! ;-)
La Pâtisserie des Rêves par Philippe Conticini propose ainsi, à partir d'octobre, toute une gamme élaborée pour les enfants et intitulée "La pâtisserie des rêves ... d'enfants !". Au menu ? Que du bon voire du très bon ! Les best-sellers de la maison mais retravaillés dans des proportions plus petites pour convenir aux petites mains et aux petits appétits des gourmets de demain !

Version domestique

p-tits-aperoLes livres de cuisine pour enfants, ça existe depuis longtemps. Par contre, les livres de cuisine pour des enfants et par des enfants, là c'est plus innovant. Dalva et Enora, qui s'étaient distinguées dans Masterchef Junior (et qui ont été éduquées à bonne école avec leur mère !) ont sorti récemment une toute nouvelle collection de livres appelée "L'école des p'tits chefs". L'avantage ? Entre enfants, on se comprend ! Les livres parlent donc directement aux enfants, tant par le style rédactionnel que par les recettes proposées ou les étapes détaillées.
Pour l'instant, 3 tomes sont déjà parus (apéros, gâteaux gourmands et cuisine des bonbons) mais nul doute que le collection aura au moins autant de volumes que celle d'un autre héros des bouillons et du chaudron (Harry Potter pour ceux qui auraient déjà mis leur cervau en week-end !). 

 

Et pour finir en restant chez les enfants, une petite comptine (culte pour moi !) que j'ai chantée à toutes les sauces durant les trajets en voiture :

Bonjour Guillaume as-tu bien mangé ?
Mais oui madame, j'ai mangé du pâté,
Du pâté d'alouette
Guillaume, Guillaumette
Chacun s'embrassera, 
Guillaume restera

Alors, à quand le pâté d'alouette dans nos supérettes ?

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10 mars 2012

les 400 coups du livre au 104

La semaine qui vient s'annonce riche en évènements divers et variés pour les fins gourmets !

Hors-d'oeuvre à ce joli festin : le Festival du Livre Culinaire qui ouvre ses portes au grand public aujourd'hui et demain au 104.

"Festival", "livre" et "culinaire" : 3 notions bien distinctes au départ mais qui s'assemblent ici dans un ensemble à la fois joyeux, culturel et surtout gourmand !

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J'ai pu m'y rendre mercredi lors de l'inauguration et flâner dans les allées encore dépourvues de leur public papivore et foodivore. Alors certes, il y aura certainement un peu plus de monde ce week-end mais ce que j'ai vraiment apprécié dans ce festival, c'est sa mixité (et pas que fille-garçon !:-))

Alors, sans vous faire de promesses dignes d'une campagne électorale sur les vertus de la mixité (même si c'est dans l'air du temps !), voici 6 raisons, choisies parmi de multiples autres, pour vous montrer qu'ici le terme est vraiment approprié :

1) Mixité des prestations : stands de maisons d'éditions, stands de produits gastronomiques, expositions de reliures d'art ou de photographies, dédicaces ou conférences
2) Mixité des genres littéraires : romans, ouvrages d'art, livres de recettes, biographies, journaux ou guides insolites
3) Mixité de la "force de frappe" : grandes maisons d'édition avec ouvrages très grand public, petites maisons plus rarement diffusées dans les principaux canaux de distribution (tels que Fnac ou Virgin), best-sellers et essais
4) Mixité géographique : maisons d'éditions régionales, maisons d'envergure nationale mais aussi grandes maisons d'édition étrangères (Taschen pour l'Allemagne, Kyle Books pour le Royaume-Uni et même des maisons d'édition chinoises ou suédoises !) qui permettent de dénicher des livres souvent introuvables en France (à moins d'aller en librairie spécialisée).
5) Mixité des goûts : oenologie, chocolat-dict, alimentation bio, pâté en croute, infusions ou pied de cochon
6) Mixité du public : jeune ou plus âgé, professionnel ou particulier, novice ou spécialiste, derrière les fourneaux ou devant l'assiette

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Enfin, pour ne pas vous retenir plus longtemps, quoi de mieux que de finir ce billet en citant une des figures de la littérature française ? Ainsi, comme disait Victor Hugo : "Lire, c'est boire et manger. L'esprit qui ne lit pas maigrit comme le corps qui ne mange pas."

Donc, pour éviter que votre esprit se réduise à peau de chagrin (et hop ! un coup de Balzac au passage ! ;-)), allez faire un petit tour au 104 !

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10 décembre 2011

Bonbon et fier de l'être !

Après 2 billets consacrés à des artisans de qualité, ce billet peut paraitre moins « bon » même s’il porte sur les bonbons !

Mais détrompez-vous, le bonbon dans toutes ses formes revient en force et pas que dans la catégorie « junk food » ! En effet, on constate à l’heure actuelle un véritable engouement pour le sucré et tout particulièrement pour les bonbons car, dans un climat anxiogène, le sucré rassure en  ramenant inévitablement à l’enfance. En d’autres termes, pour éviter la dépression, mangez des bonbons ! Le bonbon revient donc en force à tous les niveaux …

Dans les restaurants :

Le tour de force du bonbon ces dernières années est d’avoir réussi à passer de la catégorie « cochonnerie de l’industrie agro-alimentaire au goût chimique» à la catégorie « ingrédient digne de figurer sur des cartes de restaurant ». Manger un bonbon industriel n’est donc plus vu comme une faute de goût par les foodista mais, au contraire, comme un signe de  trendytude ».Ainsi,
le restaurant « Les fils à maman » (http://www.lesfilsamaman.com/) propose par exemple en dessert un « Nounours endormi sur son lit de chantilly » (le nounous nouvelle Belle au bois dormant ? :-)). Dans la même veine, le très branché Kube hôtel propose lors de son brunch dominical des coupes à champagne remplies de bonbons (fraise tagada, banane, chamallow, dragibus, …).

chateau-tagada-157x118Et même les pâtissiers s’y mettent ! En effet, alors qu’en apparence, les bonbons semblent être l’antithèse de la pâtisserie (un goût chimique et saturé vs. une palette de saveurs subtiles qui se dévoilent progressivement), de nouvelles enseignes, avec un positionnement pourtant plutôt haut de gamme, proposent des réalisations qui utilisent le bonbon comme ingrédient. Vous
pourrez par exemple chez Bogato ((http://chezbogato.fr/gros-gateaux/)  déguster le château Tagada (biscuit madeleine, crème vanille, fraises fraiches et tagada) ou goûter un macaron au bubble-gum chez Acide Macaron (http://www.acidemacaron.com/macaron_julie.htm).

En DIY (Do It Yourself) :

Cuisiner le bonbon n’est pas réservé qu’aux chefs pâtissiers ! Une des toutes premières à avoir initié le mouvement est Audrey (http://www.audreycuisine.fr/) avec son désormais mythique Cake au Carambar (http://www.audreycuisine.fr/2011/02/le-retour-du-cake-au-carambar/).
livre oursonLes maisons d’édition ont très vite compris l’attrait renouvelé des consommateurs pour les bonbons et ont donc proposé des livres de recettes entièrement dédiés à ces petites douceurs sucrées. Ainsi, dans la collection « Les touts petits » de Marabout, le carambar représente la 2ème meilleure vente avec 90 000 exemplaires écoulés à ce jour. Pour poursuivre sur ce bon filon, Marabout prévoit pour janvier la sortie d’un livre sur les Smarties et d’un autre sur les fraises Tagada.
Enfin, si vous voulez non seulement cuisiner les bonbons mais aussi les faire vous-même (là, on passe au niveau 3 de difficulté ! :-)), je ne peux que vous recommander l’excellent livre de Linda Louis aux éditions La Plage « L’atelier de bonbons bios » pour faire de saines douceurs (avec du sirop d’agave, des arômes naturels, …).

IAA

Rendons à César ce qui appartient à César ! En effet, quand on pense « bonbon », on pense presque immédiatement à Haribo ou
Lutti (alors que ce n’est pas forcément le cas pour le chocolat - on peut penser aussi bien à Lindt ou à Milka qu’à Hévin, Hermé ou Gillotte !).
Et comme dans toutes catégories alimentaires, on observe des « tendances » pour réveiller l’appétit des consommateurs et inciter à l’achat. Depuis quelques temps, la mode est donc au piquant ! En effet, les bonbons traditionnels subissent tous un petit relooking pétillant pour chahuter les papilles. Vous pouvez donc désormais trouvez les Carambar Soucoup’s (qui piquent), les Croco pik, les Schtroumpf pik et bien évidemment la Tagada Pink !
Enfin, n’avez-vous pas remarqué que depuis quelques mois vos bonbons étaient tout « palots » ? En effet, la législation européenne a imposé aux fabricants de ne plus utiliser que des colorants d’origine naturelle. Pour certains (les crocodiles), la modification est mineure. Mais pour d’autres, le changement est suffisamment important pour que le fabricant se fende d’un petit
mot d’explication sur le pack pour rassurer les consommateurs !

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 J'espère que vous en êtes désormais convaincu, le bonbon fait son grand retour sur la scène culinaire ... Néanmoins pur Noël, les chocolats sont toujours les bienvenus ! :-)

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14 novembre 2011

A lire et à manger !

Qu'est ce qui est de format généralement rectangulaire, écologique car presque complétement biodégradable, et facilement transportable ? Non, pas votre lecteur MP3 ni votre téléphone mais le livre bien sûr !


Et s'il y a bien un secteur où le livre ne connait pas la crise, c'est celui de la cuisine ... Considéré il y a encore quelques années comme un vieux grimoire associé au cliché de la ménagère, le livre de cuisine a connu ces derniers temps un véritable coup de jeune. L'aspect lucratif de ce dynamisme n'a pas échappé aux maisons d'édition qui sont entrées dans une véritable course à l'innovation avec un seul objectif : plaire à tous les publics, du simple amateur débutant au gastronome confirmé. Dans ce "coup de feu" du monde de l'édition, on peut distinguer 3 grandes orientations du livre de cuisine.

ceci n'est pas 1 yaourtTendance n°1 (la plus ancienne) : les livres-coffrets
Le principe ? Un livre, sur une thématique précise, associé à des accessoires de cuisine nécessaires à la réalisation des recettes. Ce principe connait un succès toujours pas démenti car il cumule plusieurs avantages. Tout d'abord, il permet de faire un joli présent sans prendre trop de risques. Ensuite, il correspond aux attentes actuelles des consommateurs, à savoir se simplifier la vie en ayant tout réuni dans un "kit" (comme les kits à pizza, les kits prêts à déménager, ...). Ainsi, à peine le livre offert, on peut mettre en pratique les recettes (sous réserve d'avoir les ingrédients, pas encore fournis avec !). La tendance 2011-2012 pour les coffrets est tout de même a un certain allégement : des coffrets plus compacts, avec un emballage réduit (préoccupation écologique oblige!). On peut notamment citer "Ceci n'est pas un pot de yaourt" aux éditions Solar (photo) ou le "Coffret : Gratins" chez Hachette Pratique.

Tendance n°2 : le mini
Le principe ? Proposer des mini-livres à des mini-prix (moins de 10 €). En ces temps de crise économique, le but est ici de favoriser l'achat d'impulsion des consommateurs. En effet, si un client hésite parfois à acheter un livre à 30 €, il hésitera beaucoup moins à "craquer" pour un petit livre. Les thématiques de ces livres sont donc aussi choisies précisément pour pousser à l'achat coup de coeur. On ne sera donc pas sur des thèmes complexes (par exemple, la cuisson du gibier!) mais bien au contraire sur des produits "doudous" et des problématiques concrètes. Dans cette tendance, la politique de collection est fréquente : on trouve un créneau puis on le décline ensuite à toutes les sauces (pour rester dans le thème ! :-)). On peut ici mentionner la collection de mini-livres Marabout autour de marques cultes (le Nutella, la Vache qui rit, le Petit Ourson, ...), la collection des "500" aux éditions de la Martinière (500 recettes de la mer, 500 petit-déjeuners, ...) ou la série "Que faire avec" chez Larousse (Que faire avec le poulet, la pomme de terre, ...).

RELGOUR_044_000_003Tendance n°3 : le maxi !
A  l'exact opposé de la tendance précédente (le mini pour ceux qui n'auraient pas suivi !), les livres haut de gamme, à savourer autant avec les yeux qu'avec la bouche, attirent un public de passionnés souvent prêts à investir dans un bel ouvrage et pour qui le livre, avant d'être un livre de recettes, est avant tout un bel objet. Les thématiques de ce type d'ouvrage sont, de fait, beaucoup plus orientées sur la gastronomie ou la culture culinaire en générale. La motivation du lecteur ici n'est en effet pas forcément de réaliser les recettes mais bien plus de passer un moment agréable à feuilleter délicatement cet ouvrage de collection. C'est pourquoi les grands chefs publient souvent leurs recettes sur ce créneau. Parmi les belles pièces de la rentrée 2011, on trouve entre autres, "Noma, le temps et l'espace dans la cuisine nordique" de René Radzepi aux éditions Phaidon ou le spectaculaire "Modernist cuisine : recettes à l'assiette" de Nathan Myhrvold et al. aux éditions Taschen. Les plus bibliophiles peuvent même offrir à leur livre (autant qu'à eux-même!) une reliure d'art ! (sur cette image, reliure de Luce THOMAS, sur Valéry Drouet, Chocolat, Hachette, 2008.DR)


moutardeMon coup de coeur : les éditions de l'Epure
Au milieu de toute cette concurrence, une petite maison résiste vaillament à l'envahisseur et à l'uniformisation culturelle. Sa collection "10 façons de préparer" est un petit bijou. En effet, chaque livre porte sur un seul ingrédient (des classiques courgette, homard ou pâtes aux plus surprenants sang, amour, moutarde (photo) ou épluchures en passant par les festifs gâteau d'anniversaire ou marrons glacés) dont la couverture s'attache à refléter l'aspect visuel. Par exemple, le livre sur la pastèque est vert sombre à l'extérieur et rouge-rose à l'intérieur. De même, le livre sur le fromage de chèvre est cendré à l'extérieur et blanc immaculé à l'intérieur. Croyez-moi, feuilleter cette collection est presque un jeu de devinettes pour trouver à quel ingrédient correspond la couverture ! Les éditions de l'Epure viennent d'ailleurs d'ouvrir leur propre librairie au 1 rue Frédéric Sauton dans le 5ème arrondissement. Avis aux curieux ou amateurs !


Enfin, petite anecdote pour terminer : connaissez-vous le top 6 des livres vendus ? Dans l'ordre : Les recettes Dukan, les pâtisseries Dukan, le Nutella, l'intégrale des recettes Dukan, le Petit-Lu, le Carambar. On s'abstiendra de tous commentaires sur la psychologie du consommateur ...

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