La remise des prix Fooding a eu lieu hier, dans tout ce que la foodosphère parisienne fait de plus bobo, hype et branché. La coolitude absolue quoi. Soit.

Mais, avec tout le respect que je dois au Fooding (même si je n’ai trop aimé quand ils ont attaqué mon Picard chéri), manquent quand même au palmarès certains prix incontournables à mon palais et à mon estomac.

Voici donc, Ladies and Gentlemen, pour compléter les prix Fooding, les prix Myselfing (qui n’engagent que moi et moi-même).

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Prix homard et crevettes

Vous connaissez ma très légère passion pour le homard (peut-être un peu moins celle pour les crevettes) et j’essaie donc de multiplier les occasions d’en manger. Cette année le prix Homard et Crevettes revient donc sans l’ombre d’une hésitation à la salade césar au homard de chez Meert à Lille. Mes deux délices réunis dans une seule assiette, autant vous avouer que je n’ai jamais pris un autre plat chez eux et qu’ils devraient même la renommer Salade Mlle Moutarde pour la peine.

Prix tomate

Ayant quand même, soyons honnête, une légère tendance à être monomaniaque, il y a un certain nombre de légumes ou d’aliments que je pourrais manger je pense à peu près tous les jours sans me lasser (comme les tomates !). A l’extérieur, le chou-fleur grillé de chez Miznon, rôti presque brûlé, fondant et avec ses pointes de gros sel qui font saliver et à manger – plaisir ultime – à moitié avec les doigts, remporte donc le prix tomate.

Prix « Coucou les végétariens »

Oui, la tendance est à la valorisation du végétal, au buddha bowl et autre avocado toast. Mais des fois, rien ne remplace la viande (vous imaginez un bœuf bourguignon sans bœuf ni lardon ??). Le prix est donc attribué à l’unanimité de moi-même à une découverte de l’année (due à une passagère migration nordique) le Potjevleesch, savoureux mélange de 4 viandes blanches (porc, poulet, lapin et veau) cuites dans un savoureux bouillon et servi en terrine. Les végétariens peuvent toujours manger les frites, accompagnement incontournable de ce plat du Ch’nord.

Prix « Il n’y a que les cons qui ne changent pas d’avis »

Attribué sans hésitation au Petit Cambodge. Je reconnais qu’avant, quand on me parlait de bo-bun, c’était un peu trop bordélique et avec trop de choses dedans pour me faire envie. Après avoir goûté, je dois reconnaître qu’il se peut que je me sois légèrement trompée sur le sujet voire carrément plantée. En effet, dans un bol, c’est une véritable explosion de saveurs entre le cru et le cuit, le végétal et l’animal, la fraîcheur des herbes et la gourmandise des cacahuètes. (Par contre je ne change pas d’avis sur la patate qui n’a globalement dans la vie strictement aucun intérêt)

Prix Dijon forever

Dans la vie, il y a Dijon et le reste. Beaucoup de mets pourraient prétendre à ce prix mais il revient cette année sans hésiter à l’incroyable repas du restaurant William Frachot dégusté l’année dernière. Le plein d’enfance et de souvenirs à chaque bouchée.

Prix du sésame noir

Prix un peu pointu mais qui tend à se développer. Le sésame noir c’est un peu la noisette asiatique : une rondeur boisée un peu brute à déguster en toute gourmandise. Joie pour moi qui adore ça, le sésame noir arrive de plus en plus à Paris (on attendra encore un peu je pense pour le reste de la France). La Boulangerie Utopie et son éclair au sésame noir remportent ce prix. Un vrai goût de sésame noir pas édulcoré (tendance malheureusement récurrente sinon pour ne pas effrayer par le goût un peu brut) et une couleur grisâtre qui moi me fait franchement saliver par les saveurs qu’elle promet.

Prix d’amour bobo

On voudrait les snober, on a beau essayer les nouvelles alternatives, on râle à chaque fois qu’il faut attendre pour avoir une table mais on y revient toujours. Parce que c’est bon tout simplement. Donc oui Bigmamma, toi, ta stracciatella et tes pizzas, vous n’avez pas fini de me voir, à l’est, à l’ouest ou même à Dijon si tu veux.

Prix Passard & Moi

Remis sans trop de suspense à Alain Passard. Vous l’ignorez sans doute mais Alain Passard et moi on a, sans le savoir, une longue histoire. Un diner en quasi-tête à Shanghai, un restaurant ouvert en 1986 (sublime année qui correspond - ô coïncidence- à mon année de naissance) et implanté à l’angle de la Rue de Bourgogne. A ce niveau de connexion-là, Alain, ce n’est plus le hasard, c’est le destin.

Prix « Les étrangers savent aussi faire à manger ».

Même si la cuisine française, de plus en plus challengée, s’enorgueillit d’être la meilleure du monde, on peut aussi déguster à droite ou à gauche des trucs pas dégueus voire très bons. J’aurais pu choisir un plat typique d’un des pays visités mais c’est finalement la salade césar dégustée à Amsterdam qui remporte la palme. Avec un benchmark de plus en plus large (le palmarès parisien d’il y a quelques temps ici), il faut reconnaitre que cette salade remplit quasiment tous les critères de la César parfaite. Donc oui, même les étrangers savent faire à manger.

Prix « J’ai des goûts simples »

Dans la vraie vie, je mange plutôt simplement même si j’assume une tendance naturelle à avoir des goûts de luxe – ces derniers ne rimant d’ailleurs pas forcément avec cuillère en or et diner 15*. Ainsi, une « simple » grappe de tomates peut faire mon bonheur. Surtout s’il s’agit d’une grappe de petites tomates du Vésuve à qui le micro-climat spécifique à la région donne un goût très intense même en septembre-octobre. Très rares à trouver en France (ici chez Rap Epicerie), je voulais en tant qu’amatrice de tomates les goûter depuis un moment. Oui, je suis snob.

Mot de la faim

1000 autres catégories auraient pu faire l’objet de ce palmarès très personnel.
Je laisse néanmoins le mot de la faim à l’As des As (je vous rassure, il va très bien même s’il regrette un peu d’apparaitre moins souvent) qui, en réaction au vrai prix de la meilleure saucisse-purée remis par le Fooding, l’a octroyé pour sa part à Herta et Mousseline.
Tellement over, tellement hipster.